Il avait fallu la pression de la foule en novembre 2014 pour que Nicolas Sarkozy lâche, un peu méprisant, le mot «abrogation» lors du meeting de Sens commun, mouvement né de la «Manif pour tous» contre le mariage pour tous et affilié à l’UMP (lire Ça y est, Nicolas Sarkozy l’a dit: il veut abroger la loi sur le mariage pour tous). On l’avait alors senti réticent à prendre trop vite position sur la question, mais il s’agirait semble-t-il plus d’une question de vocabulaire que de fond. ««Quand on dit qu’une loi doit être réécrite de fond en comble, si vous préférez qu’on dise qu’on doit l’abroger pour en faire une autre, en français ça veut dire la même chose», avait-il consenti.

Près de deux ans après la promulgation de la loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, la question de son abrogation reste donc d’actualité pour certain.e.s. Le président de l’UMP a ainsi rencontré hier, lundi 11 mai, Ludovine de la Rochère, présidente de la «Manif pour tous», et Albéric Dumont, vice-président, rapportent notamment l’AFP et le journaliste Thibaut Pézerat (Marianne).

«Nous avons eu un long rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. Nous l’avions déjà vu deux fois, la dernière fois il y a un an, a confirmé Ludovine de la Rochère à l’AFP. Il nous a parlé de sa volonté de réécrire la loi Taubira sans être plus précis. À ce jour, il n’a pas pris d’engagement ferme. Il rassemble, consulte avant de s’exprimer plus précisément.»

Ce rendez-vous a eu lieu à la veille du lancement du «tour de France» du mouvement pour l’abolition universelle de la gestation pour autrui (GPA). La «Manif pour tous» est récemment devenue un parti politique (lire La «Manif pour tous», parti politique? C’est officiel), un changement qu’Albéric Dumont tente de minimiser, préférant parler de «groupement politique», comme il l’explique sur le site du parti, précisant, de façon un peu paradoxale, que la «Manif pour tous» reste «apartisane» et «bien entendu aconfessionnelle».