Carole33: Bonsoir. Combien de membres y a-t-il à SOS Homophobie?

Yohann Roszéwitch: Question facile pour commencer. Il y a 1300 adhérents actuellement dont 350 membres actifs à Paris et dans nos 18 délégations régionales. Les régions ont pris une place particulièrement importante ces dernières années, même si nous ne sommes pas encore présents sur l’ensemble du territoire.  Avis aux amateurs! Nous avons de grosses délégations en Ile de France, en Paca, à Lyon et en Alsace, mais nous sommes encore trop peu présents à l’ouest du territoire.  Nous avons également une petite délégation à la Réunion, mais on constate que c’est très difficile de s’accepter et de militer dans les DOM TOM.

Lewis. Bonsoir, est ce que vous pouvez nous décrire vos actions et nous dire où et en quoi vous avez besoin de bénévoles?

Yohann Roszéwitch: A SOS Homophobie, nous avons de multiples activités et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, ainsi que les domaines de compétence. Le soutien aux victimes est notre activité historique, autour de la ligne d’écoute, d’un formulaire sur notre site d’un service de chat et d’un service de soutien juridique personnalisé. La prévention et la sensibilisation aux LGBT phobies est une autre activité phare de SOS Homophobie, notamment dans les délégations régionales avec nos interventions en milieu scolaire et des formations en entreprise. Nous avons aussi une cellule très active de lutte contre les LGBT-phobies sur Internet. Notre dernière activité est le militantisme pour l’égalité des droits avec notre Rapport annuel et des prises de parole publiques autour de plusieurs revendications: ouverture de la PMA à toutes les femmes, levée de l’interdiction du don de sang pour les hommes gays et bis, simplification du parcours de transition pour les personnes trans’ et enfin politique ambitieuse de lutte contre les LGBT phobies à l’école.

Annabel Maestre: En région, les interventions en milieu scolaire sont notre plus grosse activité. Nous avons besoin de bénévoles pour aller dans les collèges et lycée avec nous. En Paca, nous avons sensibilisé plus de 4500 élèves l’an dernier.

Marc: Bonsoir. Comment sont formés les bénévoles qui vont dans les classes?

Annabel Maestre: Tous nos bénévoles reçoivent une formation d’une journée. Puis ils font quelques observations. Et quand ils sont à l’aise ils co-interviennent avec des personnes expérimentées. Bien sûr il y a un cadre à respecter, et une charte à signer.

Sandra: Bonsoir! Est ce que vous faites partie de l’inter-LGBT? Que pensez vous de la fameuse affiche?

Yohann Roszéwitch: Nous ne faisons plus partie de l’Inter LGBT mais avons des partenariats réguliers avec elle. Sans vouloir m’exprimer sur le fond, j’ai été particulièrement interpellé par les vives réactions à l’encontre de l’Inter-LGBT, des accusations que j’ai trouvé déplacées. Je préférerais que l’on s’en prenne à nos vrais adversaires tels que la « manif pour tous » ou le Front national et réserver des termes comme « homonationalisme » à ces derniers. Le temps est à l’unité et au rassemblement entre les associations LGBT et plus largement avec l’ensemble des associations de lutte contre les discriminations. Le contexte actuel de hausse des extrémismes nous oblige à rester vigilants et mobilisés contre nos véritables adversaires.

Susana: Que pensez vous de l’action du gouvernement depuis l’élection de FH?

Yohann Roszéwitch: Nous ne pouvons pas occulter qu’une réforme historique et particulièrement symbolique aura été votée au cours de ce quinquennat. Mais à quel prix! Au prix d’une forte hausse des actes homophobes ( 80% des témoignages reçus par SOS homophobie pendant les débats en 2013), au prix de reculs et de renoncements, en particulier sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes, promesse du candidat François Hollande. Le gouvernement doit s’emparer rapidement de ces questions qui concernent des vies, des familles, des enfants. De même, les questions relatives aux personnes trans’ doivent être une priorité. Il est temps que le gouvernement tienne ses promesses et mette en place un plan ambitieux contre les LGBT phobies, qu’il avait d’ailleurs présenté en début de quinquennat. Nous semblons tout de même avancer sur la question du don du sang mais nous resterons vigilants jusqu’à la levée effective de l’interdiction que nous considérons comme une discrimination sur la base de l’orientation sexuelle.

Adel: Concernant l’homophobie sur internet, est ce que vous arrivez vraiment à faire supprimer des sites homophobes?

Yohann Roszéwitch: Aujourd’hui, les témoignages d’homophobie sur internet sont les principaux reçus par SOS homophobie. Il est difficile de faire supprimer tous les contenus homophobes sur internet mais nous traitons tous les signalements d’homophobie manifeste sur internet: incitation à la haine, diffamation, injure. Nous avons pour cela mis en place des partenariats avec les principaux réseaux sociaux: Twitter, Facebook, Google. Ils traitent nos signalements en priorité. Nous envisageons d’ailleurs de porter plainte contre les auteurs de tweets homophobes, à l’instar de l’UEJF et de SOS Racisme qui ont porté plainte récemment contre des tweets racistes et antisémites de candidats du FN.

Marie: Bonjour. Vous avez fait un communiqué pour dire que votre CA était paritaire, mais au bureau il n’y a que des hommes. Comment l’expliquez vous?

Annabel Maestre: Bonjour, effectivement le CA est paritaire pour la première fois en 20 ans. Concernant le bureau, les places étaient ouvertes à toute personne du CA, mais c’est faute de temps que nous ne nous sommes pas présentées. Pour ma part je suis co-déléguée (avec une autre femme ! ) d’une des plus grosses délégations, et cela me prend déjà beaucoup de temps, plus ma particiation au groupe internet.

Yohann Roszéwitch: Je tiens à rappeler que le bureau a déjà été paritaire par le passé, avec une femme présidente à plusieurs reprises et que les orientations stratégiques de l’association sont décidées par le CA. Sur le fond, aucun reproche ne peut nous être fait sur la question des femmes et de la lesbophobie. SOS homophobie a été particulièrement présente sur ces sujets ces derniers mois: prises de position sur la PMA, soutien actif à l’équipe des Dégommeuses victime de lesbophobie, sortie de la première enquête sur la visibilité des lesbiennes et sur la lesbophobie, etc. Par ailleurs, nous sommes à l’initiative d’une action qui a lieu le 27 avril à Paris pour réclamer l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, en collaboration avec les principales associations LGBT. Nous vous incitons toutes et tous à participer à cette action pour faire entendre nos revendications.

Linda: Est ce qu’il y a des hétéros qui militent avec vous?

Yohann Roszéwitch: Bien sûr et à tous les niveaux de l’association.

Annabel Maestre: Et heureusement! Si dans une association de lutte contre le racisme il n’y avait pas un blanc de nos jours, ça serait inquiétant.

Yagg: Le chat est terminé. Merci à toutes et à tous pour les questions. Le mot de la fin à Annabel et YohannK

Annabel Maestre et Yohann Roszéwitch: Ce sont les adhérent.e.s qui font la force de SOS homophobie, et ce sont les abonné.e.s qui font celle de Yagg! Adhérez, abonnez-vous, agissez!