The New York Times publie Transgender Lives: Your Stories, une galerie de portraits de personnes issue de la communauté trans’. Ils et elles sont auteur.e.s, étudiant.e.s, artistes, ou pilotes de l’air, et tou.t.e.s témoignent de leur vécu, notamment à travers des vidéos. Yagg a sélectionné quatre regards, pour vous donner envie d’aller voir plus loin.

Astrophysicienne à l’American Museum of Natural History, Rebecca Oppenheimer pose son regard de scientifique sur la stigmatisation dont elle et d’autres personnes trans’ sont parfois victimes, lorsque leur identité n’est pas respectée: «Peut-être qu’une partie de la beauté d’être à la fois scientifique et un être humain c’est d’admettre qu’il y a des faits qui ne peuvent pas être démontrés. Quand quelqu’un vous dit son nom, choisissez-vous de le remettre en question? C’est la même chose pour une identité, qu’on soit une garçon, une fille, un homme, une femme, une personne trans’, ou quoi que ce soit. Quiconque établit son identité révèle un fait absolu – et la véritable question à poser est si l’on comprend la réalité des gens que l’on connaît. Questionnez tout, y compris vous-même. La plupart des personnes trans’ savent bien ce que c’est.»

Victime de transphobie et de racisme à l’intérieur même de la communauté LGBT, le poète trans’ et queer J Mase III, a monté awQward, une agence de jeunes talents dédiée à mettre en avant les jeunes trans’ de couleur: «En tant que poète, les lieux que je démarchais pour performer me répondaient souvent “Oh, tu es trans’? Et bien la journée internationale du souvenir trans’ est passée… donc on n’a pas besoin de te payer pour venir”. Ou “Oh tu es noir, on a déjà eu une personne trans’ de couleur il y a deux ans, donc on n’a pas besoin de toi”. Il y a cette idée qu’être trans’ et une personne de couleur font une histoire moins racontable quand ce n’est pas “de saison”.»

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Pompier dans l’Ohio, Lana Moore a fait son coming-out trans’ en 2008 en craignant que sa place dans la caserne et ses relations avec ses collègues ne soient remises en cause. Malgré les difficultés à entamer sa transition sur son lieu de travail, elle a eu le soutien de son équipe et de la mairie de Colombus: «Il y a beaucoup de façons d’être trans’, tout comme d’être humain. Même si nous sommes tou.t.e.s différent.e.s, la route moins fréquentée qu’empruntent les personnes trans’ nous rassemble comme si nous étions animé.e.s par le même esprit. C’est une bénédiction qui vient avec ce que beaucoup d’entre nous perçoivent un jour ou l’autre comme une calamité. Je crois que nous sommes obligé.e.s de nous explorer d’une manière que beaucoup de personnes cisgenres (non-trans’) ne prendront jamais le temps de faire. Pendant la transition, j’ai expérimenté un redémarrage de ma vie. Une part de moi est morte, mais un moi plus vrai a émergé.»

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Rhys Harper est photographe et un homme trans’ épanoui. Mais bien avant sa transition, comprendre quelle était sa place a été un long questionnement sans réponse: «Je me souviens de la première fois qu’on m’a dit qu’il y avait plus de deux genres. C’était en cours de sociologie, ma première année à la fac, et c’est comme si on m’avait dit qu’il y a plus de 24 heures dans une journée. Je n’arrivais pas à comprendre l’idée. (…) Toute ma vie, je me suis senti différent, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt sur la raison. (…) Je n’ai jamais trouvé les mots pour expliquer pourquoi j’avais ce sentiment jusqu’à ce que je rencontre un collègue qui était un homme trans’. Alors que j’écoutais son histoire, ma vie a commencé à avoir du sens.» En 2014, Rhys Harper a commencé The Transcending Gender Project, un projet artistique sur les personnes trans’ et queers.

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