conf mirkovicÀ la faculté de pharmacie de Toulouse, le Café bioéthique étudiant de l’Espace de réflexion éthique de Midi-Pyrénées (Eremip) accueillait hier, lundi 4 mai, la juriste Aude Mirkovic pour une conférence dont elle était l’unique intervenante. Intitulée «PMA-GPA, Droits de l’enfant», la conférence a été interrompue par des militant.e.s d’Act Up Sud-ouest venu.e.s protester contre cette «conférence LGBT-phobe et sexiste au sein d’une université laïque et publique» et contre la venue de la porte-parole des Juristes pour l’Enfance, une association qui s’oppose à la reconnaissance des familles homoparentales, ainsi qu’à la PMA et à la GPA, au nom de l’intérêt de l’enfant.

«Nous avions été alerté.e.s par des étudiant.e.s de la faculté que ce genre de conférence était organisé par une professeure qui a déjà tenu des propos très réactionnaires sur l’avortement, la fin de vie, le mariage pour tous, explique à Yagg Alex, militant à Act Up Sud-ouest et présent hier lors du zap. On utilise le fait d’être professeur pour organiser sous couvert de neutralité des conférences de propagande, qui ne sont même pas destinées à informer le grand public ou à faire naître un débat, mais bien en direction des personnes proches des mouvements anti-égalité pour les former à un argumentaire.» Alex assure que ce n’était pas des étudiant.e.s ou des professionnel.le.s de santé qui étaient présent.e.s pour voir Aude Mirkovic, mais bien des personnes issues des Veilleurs ou des Mères Veilleuses. Il raconte que le vice-président de la faculté a lui-même affirmé au début de la conférence que la faculté n’a rien à voir avec cet événement. «Il a ajouté que la conférence n’était pas neutre, qu’elle était bien orientée», affirme Alex.

Bien avant le 4 mai, Act Up Sud-ouest avait réagi à la venue de la juriste spécialiste en droit de la famille: «Aude Mirkovic s’est particulièrement illustrée à travers des conférences et des interviews en tentant de démontrer les contradictions juridiques du Mariage pour Tous et en dénonçant sans relâche dans des médias réactionnaires l’adoption par les couples de même genre.» Les militant.e.s LGBT avaient aussi alerté sur les agissements du Café bioéthique étudiant qu’ils et elles accusent de véhiculer des discours «anti-avortement, anti-euthanasie, anti-égalité des droits». Act Up Sud-ouest demandait l’annulation de la conférence.

Face à l’indignation des militant.e.s d’Act Up, le Café bioéthique étudiant avait alors défendu son positionnement «apolitique et non-confessionnel» et avait tenté de calmer le jeu à l’approche de la conférence en insistant sur le fait que cet événement était avant tout dédié à partager des points de vue et des arguments autour d’un débat pour le moins passionné. Enfin, les organisateurs/trices avaient clairement assumé la venue d’une personnalité dont les liens avec la «Manif pour tous» ne sont pas un secret: «L’accusation adressée à Madame Mirkovic d’avoir tenu des propos homophobes est fausse: de tels propos, chacun le sait, tombent sous le coup de la législation régissant la liberté d’expression. Or l’intervenante de la conférence n’a jamais été inquiétée par la Justice pour ses interventions dans les médias», estime le Café bioéthique étudiant. Pour Alex, l’existence de ce type de conférence dans l’indifférence générale est la preuve que les opposant.e.s à l’égalité des droits sont toujours très mobilisés: «Ils et elles ont déjà obtenu des victoires. Nous devons continuer à être vigilant.e.s et à occuper le terrain.»

Selon France 3 Midi-Pyrénées, le président de l’Université Paul Sabatier, Bernard Monthubert, a annoncé qu’un débat contradictoire autour de la même thématique sera organisé.