En décembre dernier, des témoignages de femmes lesbiennes, queers et bisexuelles au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Sénégal ou au Togo avaient été diffusés par le Queer African Youth Network (QAYN) pour faire entendre les expériences souvent ignorées de ces communautés. En mars dernier, cette même association a publié Au-delà des suppositions, un rapport d’enquête sur les pratiques sexuelles et les besoins en santé sexuelle et reproductive des lesbiennes, bisexuelles, queers et femmes qui ont des rapports sexuels avec des femmes (LBQFSF) en Afrique francophone sub-saharienne. Une enquête qui répondait à une criante nécessité: «C’est en partant du constat que les politiques autour des questions de la santé sexuelle et reproductive ne prennent en compte que les femmes hétérosexuelles (à travers le planning familial, le contrôle de la fécondité et la transmission mère/enfant du VIH/SIDA), qu’elles ignorent la sexualité entre femmes, et particulièrement les pratiques socioculturelles qui contribuent à exposer les femmes LBQFSF à certaines infections, que QAYN, dans sa dynamique d’éducation et de sensibilisation, a décidé de mener une enquête dans ses communautés de femmes LBQFSF sur la question», explique l’association en introduction des premiers résultats.

L’enquête a été effectuée entre mi-septembre et mi-novembre 2014 auprès de 250 répondantes au Burkina-Faso, au Bénin, au Togo et au Cameroun et s’est concentrée sur différents aspects de leurs vies: les pratiques sexuelles, les modes de protection, leur connaissance de la transmission du VIH et des IST, leur suivi gynécologique, mais aussi leur situation familiale et matrimoniale, ou leur situation socio-économique. «Les résultats de cette enquête montrent que malgré le refus de reconnaître explicitement l’existence des femmes LBQFSF, leur besoin en santé sexuelle et reproductive est une réalité», conclut le QAYN en fin du rapport. Ces résultats non exhaustifs sont donc un premier pas pour lever le voile sur la situation de ces communautés et agir en direction de ces publics: «Il devient urgent de réévaluer et/ou développer des programmes de santé sexuelle inclusifs aux besoins de la communauté LGBTQ dans toute sa diversité, insiste l’association QAYN. Les associations LGBTQ, les associations et ONG qui travaillent dans le domaine de la santé publique et les institutions étatiques, des partenaires et des professionnels de santé sont invités à la table de discussion pour l’élaboration de politiques de prise en charge inclusive des besoins en santé sexuelle et reproductive des femmes LBQFSF.»

Lire le rapport Au-delà des suppositions.