Helmut Berger tel qu’en lui-même: iconoclaste, démesuré, irrévérencieux, magnifique et tragique. Celui que Visconti magnifia dans plusieurs films cultes (Ludwig, Violence et Passion, Les Damnés) n’a pas sa langue dans sa poche dans cette autobiographie au vitriol, publiée en Allemagne en 1998 et traduite aujourd’hui en français, augmentée d’un chapitre sur le Saint Laurent de Bertrand Bonello, où Berger interprète (magnifiquement) le couturier au soir de sa vie. Le livre s’ouvre sur une série d’anecdotes sur Alain Delon, où l’on comprend que ce dernier a voulu séduire Visconti et l’éloigner de Berger. Mais Helmut ne s’est pas laissé faire!

Amateurs de potins, vous allez vous régaler. Mais ce livre est aussi une peinture sans concession du milieu du cinéma. S’il a séduit et abandonné hommes et femmes, Helmut Berger, à 70 ans, n’a gardé qu’un seul amour: Luchino. «Pour moi, il est et restera la seule autorité véritable en ce qui concerne le cinéma et l’art en général», écrit-il.

Mais on apprend aussi que des esquisses de Saint Laurent décorent toujours une partie des murs de la maison de l’acteur. Helmut Berger confie qu’il est aujourd’hui «totalement zen. Aux frontières de l’ennui, même». Mais jamais vous ne ressentirez cela en lisant son autobiographie.

Helmut Berger, Autoportrait, 70e anniversaire, Séguier, 328 p., 21€.

Cet article est extrait des Lectures de Yagg du 28 mars, à lire en intégralité ici.