Au téléphone, la voix est chaleureuse. Emmeline Ndongue-Jouanin raconte d’abord comment elle est devenue marraine du Tournoi international de Paris (TIP) qui se tient du 22 au 25 mai. Le demande est venue de Christelle Foucault, présidente de la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL), qui organise le TIP, via Facebook: «Je ne connaissais pas l’événement», explique la vice-championne olympique de basket aujourd’hui retraitée des parquets.

La première question qu’elle se pose est comme souvent la plus simple, est-ce une compétition inclusive? «J’ai un ami qui y a participé plusieurs fois qui m’a expliqué que c’était ouvert à tous. Que tout le monde puisse être intégré, cela m’a plu.» Pourquoi a-t-elle accepté? «Tout le monde doit pouvoir pratiquer un sport quelle que soit son orientation sexuelle», estime-t-elle.

Elle est marraine du TIP quelques semaines après avoir été co-candidate aux élections départementales (elle a été battue de justesse) dans le Cher: «Je le voyais plus comme un engagement citoyen que comme une entrée en politique. J’ai envie d’aider, de participer au bon fonctionnement de mon département. Cela ressemble à mon engagement en tant que marraine du TIP. C’est peut-être un peu utopique, mais j’espère qu’un jour, toutes les voix puissent être entendues.»

Que peut faire le sport pour lutter contre l’homophobie? «Je pense qu’il faudrait en finir avec les expressions extrêmement blessantes que l’on trouve souvent chez les garçons, par exemple “tu joues comme un pédé”, ou chez les filles, en finir avec le cliché selon lequel les sportives sont masculines. Le sport français est prêt à faire plus.»

Croit-elle à la vertu du coming-out d’athlètes pour faire avancer les choses? «Si le sportif se sent bien dans ce qu’il est, c’est important mais je comprends que cela soit difficile. Il y a la pression médiatique, l’étiquette que l’on peut vous coller. Dans son propre milieu, on peut se sentir isolé.» Elle confie enfin très simplement: «Quand on se sent bien, l’on se sent inclus dans son sport». Au TIP dont elle est le soutien avec le décathlonien Romain Barras, elle participera à la soirée d’ouverture et passera voir les tournois de basket.

Et elle, sa vie de jeune retraitée du sport de haut-niveau? «Je travaille à ma reconversion, j’ai touché à pas mal de choses depuis que j’ai arrêté, je découvre l’étendue des possibilités qui s’ouvrent à moi. Mais ce n’est pas évident, je me retrouve comme si j’étais en fin d’études.»