Après avoir refusé d’afficher dans des trams de Bâle des photos figurant des couples de même sexe en train d’échanger un baiser, la compagnie de tram BLT fait marche arrière: le directeur Andreas Büttiker a indiqué hier, jeudi 29 janvier, que la campagne de communication pourra être visible dans son intégralité. Organisée par l’association Anyway, la campagne repose sur 14 photos de couples de même sexe, et quatre d’entre elles montrent des baisers.

Si Andreas Büttiker «salue» l’intention de cette campagne, il estime qu’elle peut être choquante: «Nous avons des passagers qui pourraient ressentir à la vue de ces homosexuels une atteinte à leur intégrité, a-t-il expliqué à la RTS. J’ai eu énormément d’emails, de réactions qui confirment ce que je dis. Nous voulions faire un compromis, permettre la campagne tout en demandant de renoncer aux photos très polarisantes.» Mais pour Mehdi Kuenzle, co-président de Pink Cross, cette affaire prouve simplement que «les minorités sont constamment obligées de se défendre pour avoir accès aux même droits que les autres». Pour lui, la solution passe par la visibilité: «Il faut qu’on sorte, qu’on se batte, qu’on fasse du bruit», clame-t-il.

Cette stratégie semble en tout cas avoir porté ses fruits. La mobilisation sur les réseaux sociaux et le fait que des élu.e.s comme Daniel Stolz, un membre du Conseil national du Parti libéral-radical ouvertement gay, réagissent sont à l’origine du changement d’avis de la BLT, d’après 360°. L’association Pink Cross maintient malgré tout son kiss-in prévu dans les trams de la compagnie ce mercredi 4 février.

Photo Anyway