En 2012, pendant la campagne présidentielle, Christopher était le coiffeur personnel de Marine Le Pen. «J’étais aussi une sorte de conseiller image», a-t-il précisé au Point. Ouvertement gay, il s’entend très bien avec la présidente du Front national et travaille bénévolement. Il espérait que cela serait payant à terme. «Je souhaitais suivre le modèle de David Rachline qui était un petit cadre du Front avant de devenir maire de Fréjus, a-t-il expliqué. Je me disais qu’en étant entré dans l’entourage de Marine, je pouvais gravir les échelons, et pourquoi pas un jour me faire élire.»

Mais ses ambitions ont tourné court lorsqu’il a compris que pour gravir les échelons, il lui faudrait accepter des sollicitations sexuelles provenant de cadres du parti. «Chez les hétéros, on dénonce régulièrement et à juste titre le harcèlement sexuel. Chez les homosexuels, cela existe aussi, il faut le dire», a-t-il souligné. Invité chez un haut responsable du FN, il refuse ses avances. Contacté par Le Point, ce cadre dont l’identité n’a pas été dévoilée assure ne jamais avoir cherché à séduire le coiffeur de 25 ans, mais reconnaît l’avoir invité à son domicile, «comme d’autres».

Christopher a écrit un courrier à Marine Le Pen pour lui décrire les difficultés qu’il rencontrait avec les responsables du parti. Il lui a remis sa lettre en mains propres. Elle ne lui a jamais répondu. Et lorsqu’il a contacté d’autres gays au sein du Rassemblement bleu marine, eux aussi lui ont tourné le dos et il a finalement perdu tout lien privilégié avec la tête du FN. «Mon rêve est tombé à l’eau parce que j’ai refusé les avances des chefs», déplore-t-il aujourd’hui. Il a finalement décidé de parler de ce qu’il a traversé après que Closer a publié des photos de Florian Philippot, le vice-président du Front national, avec son ami.

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