Lui a fait son coming-out sur scène en 2012, clamant fièrement à la foule «Je suis homo». Elle, a profité de la gay pride d’Hong Kong la même année pour faire un discours dans lequel elle a annoncé être lesbienne. Anthony Wong et Denise Ho sont deux pop stars, mais aussi désormais deux voix qui comptent pour la communauté LGBTI. Engagé.e.s aux côtés de plusieurs organisations, notamment Big Love Alliance, utilisant leur notoriété pour défendre les droits humains, mais aussi très investi.e.s lors des mouvements de protestations menés par la jeunesse hong-kongaise entre septembre et décembre 2014, il et elle assument pleinement leur statut d’artistes porte-drapeaux de la communauté et ont répondu aux questions de Time Out Hong Kong.

Sur leur engagement, les deux artistes s’accordent pour dire que la défense des personnes LGBTI entre dans un cadre plus large, d’où la nécessité de participer au mouvement des parapluies: «Les droits des LGBTI sont une partie de ce que nous voulons, c’est à dire se battre pour une élection légitime et une vraie démocratie. Si nous n’arrivons pas à obtenir cela, il n’y aura pas de droits pour les LGBTI. Ces choses sont liées», insiste Denise Ho. «Mais évidemment nous pouvons prendre la parole sur les deux fronts, renchérit Anthony Wong. Mais je suis d’accord, nous devons atteindre un objectif global, car si la structure législative est cassée, aucune loi anti-discrimination que nous suggérons ne pourra aller au-delà des groupes conservateurs.»

Le chanteur de 52 ans a relevé une coïncidence entre ce combat actuel et un autre relaté dernièrement dans un film encensé par la critique: «Quand les manifestations ont commencé, j’étais à Londres, se souvient-il, et j’ai vu ce film Pride, qui est sur un groupe de militant.e.s LGBTI et des mineurs qui se rassemblent pour protester ensemble contre le thatcherisme. (…) Et je me rappelle que les militant.e.s faisaient appel à des musiciens homos qui s’appelaient Bronski Beat pour aider les mineurs à lever des fonds pendant la lutte. Les gens ont critiqué le mouvement des parapluies parce qu’il avait des influences venues de l’étranger et c’est tout à fait vrai, mais ce n’est pas de l’argent. L’influence vient de l’éducation et du fait de voir des événements à l’échelle mondiale. Le monde est interconnecté, donc nous nous influençons les uns les autres.»

Face aux réactions homophobes qu’il et elle ont pu rencontrer, les deux artistes sont d’autant plus déterminé.e.s à œuvrer pour plus d’acceptation: «Personne ne force personne à accepter une idée, insiste Denise Ho. Il s’agit de respecter le droit d’une personne à vivre sa vie comme cela lui convient. Néanmoins, les voix anti disent “hey on n’est pas d’accord avec vous, alors on veut vous enlever vos droits”, ce qui est violent. Par exemple, je ne suis pas croyante, mais je crois que quelqu’un.e a le droit de pratiquer ce en quoi il/elle croit. Mais pourquoi ça ne marche pas dans l’autre sens?» «Cela montre que l’homophobie est grave et qu’il y a du travail à faire pour protéger un groupe minoritaire, confirme Anthony Wong. En fait, dans une vraie démocratie, la raison d’être est de protéger les droits des minorités. La protection de la minorité n’a pas besoin de l’approbation de la majorité.»

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