C’est la première fois qu’un élu du Front national reçoit une telle distinction: hier, mardi 27 janvier, Steeve Briois a reçu le prix de «l’élu local de l’année», une récompense décernée par Le Trombinoscope, un annuaire des personnalités de la vie politique. Présidente du jury, la journaliste Arlette Chabot a expliqué que le choix de cet élu d’extrême droite ne récompense pas «un bilan, mais c’est une manière de mettre en évidence la percée du FN et son implantation locale», rapporte Le Monde. D’après elle, le maire homosexuel de Hénin-Beaumont illustre très bien la stratégie d’implantation locale mise en œuvre par le parti d’extrême droite, mais le jury se serait contenté de «constater des réalités politiques». Impossible d’occulter la place occupée par le FN sur la scène politique en 2014, a plaidé Arlette Chabot.

BOYCOTT
Steeve Briois a salué ce prix qui reconnaît son «travail d’implantation» et a déploré que le prix de la révélation politique n’ait pas été décerné à Marine Le Pen il y a quelques années. Celle-ci n’était pas présente à la cérémonie organisée à l’Hôtel de Lassay, qui sert de résidence au président de l’Assemblée nationale. Claude Bartolone, qui occupe cette fonction, a quant à lui refusé d’assister à la remise. Le choix de Steeve Briois a aussi particulièrement heurté la section locale du Parti communiste de Hénin-Beaumont qui a demandé dans un communiqué publié par L’Humanité si le jury n’était pas «en état d’ébriété».

Et le mouvement politique de s’interroger sur les motivations de ce prix: «Est-ce l’expulsion de la Ligue des Droits de l’Homme de son local héninois dès [l’arrivée de Steeve Briois] en mairie? Son arrêté anti-mendicité visant les Roms heureusement retoqué par la justice? Sa décision de ne plus inviter le PCF aux commémorations? Son courrier menaçant le secrétaire du syndicat Force Ouvrière de “révélations” après un tract jugé trop critique sur sa gestion municipale ou encore les procès politiques intentés contre l’ancien maire avec l’argent du contribuable dans le seul but de museler l’opposition?»

Parmi les autres personnalités politiques récompensées figure Ségolène Royal, qui a reçu le prix de «ministre de l’année». Le journal metronews a consacré à la ministre de l’Écologie un portrait tout en analogies avec la Reine des neiges de Disney, reprenant dans son article des paroles de Libérée, délivrée avec une prodigieuse habileté. La ministre a elle aussi préféré ne pas assister à la cérémonie. Une prise de hauteur pour que «tout semble insignifiant», comme le veut la chanson?

Photo Capture