Conformément aux règles en vigueur à Kano, une ville du nord du Nigeria où est appliquée la charia, ce sont les autorités religieuses qui font appliquer le droit. C’est donc devant elles que comparaîtront 12 hommes arrêtés hier, lundi 26 janvier, au motif qu’ils seraient homosexuels. «Nous avons 12 hommes sous notre garde, dont “la mariée”, a indiqué un responsable de l’hisbah, la police des mœurs, à l’AFP. Nous les avons interpellés à un endroit où devait avoir lieu un “mariage gay”.»

Plusieurs personnes ont fui les lieux, dont un homme présenté par les autorités comme «le mari». D’après les auteurs de l’arrestation, les hommes présents «avaient l’air et se comportaient de façon efféminée», ce qui a précipité leur arrestation. «Comme vous pouvez le voir d’après leur apparence et à la façon dont ils agissent, il y a tous les critères de l’homosexualité en eux», a assuré le commandant Shiekh Aminu Daurawa devant des journalistes, rapporte la publication nigériane Pulse. Un des hommes arrêtés, âgé de 18 ans, assure que la rencontre avait été programmée pour fêter son anniversaire. D’après Shiekh Aminu Daurawa, il s’agit d’un subterfuge du jeune homme. C’est la famille de celui-ci qui aurait contacté les autorités.

Une enquête doit être menée et les familles des 12 hommes interpellés ont été convoquées, a assuré Shiekh Aminu Daurawa. Le sort des personnes arrêtées est source d’inquiétude, puisque l’on ignore encore selon quelles lois ils seront jugés. S’il s’agit de la charia, ils risquent la peine de mort, mais cette sanction est très rarement appliquée. Leurs juges pourraient néanmoins aussi se servir d’une loi homophobe votée l’an dernier et qui permet d’infliger des peines allant jusqu’à 14 ans de prison.

Photo Capture (Patrouille de hisbah)