Sur Children-404, un site russe fondé par la journaliste Elena Klimova en mars 2013, les jeunes LGBT peuvent témoigner et rompre l’isolement dont ils sont victimes. Des vidéos et des conseils de psychologues sont également disponibles. Le nom du site a été choisi en référence à la page d’erreur 404 qui s’affiche lorsque l’on tombe sur une page introuvable sur Internet. Mais depuis plusieurs semaines, cette plateforme est dans le viseur des autorités qui ont lancé des poursuites. Le couperet est tombé ce vendredi 23 janvier: un tribunal a condamné la fondatrice du site pour «propagande de l’homosexualité», un délit créé par une loi votée en 2013. Elle devra payer une amende de 50000 roubles (soit environ 680 euros) mais a annoncé qu’elle fera appel de cette décision.

Pour Roskomnadzor, l’autorité de surveillance des médias, ce site représente un danger car il laisse penser «que les relations homosexuelles sont meilleures que celles traditionnelles». Plus d’une centaine de plaintes ont été déposées contre la plateforme. Le site est toujours en ligne et des témoignages continuent à affluer sur la page Facebook, mais «la communauté Children-404 risque d’être interdite», s’est réjouie la Jeune garde, un mouvement de soutien au pouvoir qui avait porté plainte contre le site, rapporte l’AFP.

Le Russian LGBT Network s’inquiète également du fait qu’Elena Klimova n’ait pas été correctement représentée lors de son procès. Son avocat, Dmitry Bartenev, n’a pas pu y assister pour des raisons médicales et avait demandé un report de l’audience, ce qu’a refusé le tribunal. «La cour a violé l’article 48 de la Constitution russe, selon lequel le droit à une représentation juridique compétente est garanti, a commenté Maria Kozlovskaya, juriste du Russian LGBT Network. (…) Nous allons user de toutes les voies de recours possibles contre cette décision, y compris la Cour européenne des droits de l’Homme.»

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