Conformément au pronostic de ces dernières semaines, la Coalition de la gauche radicale Syriza a remporté les élections législatives en Grèce avec 36,3% des voix, marquant un tournant décisif pour ce pays membre de l’Union européenne marqué par la crise économique. Outre les changements politiques et économiques qu’elle augure, l’arrivée au pouvoir du parti d’Alexis Tsipras laisse aussi entendre que des avancées en matière de droits humains pourront avoir lieu.

UNION CIVILE… SANS L’ADOPTION
Sur les questions LGBT, Syriza apparait clairement comme le seul parti engagé à faire progresser l’égalité pour les couples de même sexe, une évolution qui n’avait pas eu lieu lorsque le parti conservateur Nouvelle Démocratie dominait le Parlement. En novembre 2013, la Cour européenne des droits de l’Homme avait pourtant condamné la Grèce, pour avoir exclu les couples de même sexe des pactes de vie commune, ce qui avait fait réagir le Mouvement socialiste panhéllenique (Pasok). Pourtant, malgré la volonté des partis de gauche, aucune nouvelle avancée significative pour l’égalité ne s’est produite. Syriza est donc fermement attendue pour enfin étendre le pacte de vie commune aux couples de même sexe, point sur lequel Alexis Tsipras s’est engagé. Contacté par Yagg, le militant LGBT Gregory Vallianatos fait état de «sentiments mitigés» sur cette victoire de Syriza: «Les points de vue de Syriza sont favorables à tout ce qu’on demande, sauf pour l’adoption et pour le changement d’état civil des personnes trans’», constate l’ex-candidat à la mairie d’Athènes. En ce qui concerne les familles homoparentales, le rétropédalage d’Alexis Tsipras sur cette question n’a en effet pas fait bonne impression auprès de la communauté LGBT.

DES QUESTIONS EN SUSPENS
En outre, la gauche radicale reviendra-t-elle sur le décret de santé publique réintroduit en juillet 2013 qui impose la mise en place obligatoire de tests de dépistage de l’hépatite, du VIH ainsi que d’autres infections sexuellement transmissibles auprès des travailleurs/euses du sexe, des migrant.e.s et des personnes sans abri? Ce fichage, hautement stigmatisant envers des populations déjà vulnérables, avait été dénoncé par plusieurs associations comme contre productif et nocif. Enfin, si Syriza entend mettre en œuvre une politique de lutte contre toutes les discriminations, rien ne figure précisément dans le programme du parti pour les personnes trans’ discriminées au quotidien faute de pouvoir changer leur état civil. Les discours d’incitations à la haine au motif de l’identité de genre sont punis par la loi depuis septembre 2014.

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