Pas toujours facile d’être à l’aise dans les vestiaires d’une piscine (ou de tout autre équipement sportif) quand on est trans’, gay ou lesbienne. La municipalité de Sundbyberg souhaite permettre à toutes celles et tous ceux qui ont envie de profiter de la piscine de le faire dans les meilleures conditions possibles. Aux vestiaires classiques vient s’ajouter un troisième espace, composé de cabines individuelles, qui permettront aux personnes qui le souhaitent de s’isoler. Elles seront également ouvertes aux personnes handicapées accompagnées, par exemple, d’un.e assistant.e d’un autre genre, ou aux membres de groupes religieux qui préfèrent se changer sans être vu.e.s par les autres, rapporte The Local.

«Pour Sundbyberg, il est important que toutes les personnes qui viennent nous rendre visite se sentent bienvenues et acceptées, explique le maire social-démocrate Jonas Nygren, sur le site internet de la ville. C’est une question de visibilité et de remise en question de ce qu’on prend pour acquis.»

Fermée depuis juin 2014, la piscine rouvrira donc, rénovée et adaptée, le 31 janvier prochain. Parmi les changements, un immense arc-en-ciel orne désormais le bassin pour enfants, dont la décoration a été confiée à l’artiste Backa Carin Ivarsdotter.

La réorganisation des lieux et la formation du personnel ont été pensées en accord avec la Fédération suédoise pour les droits des lesbiennes, gays, bi.e.s et trans’ (RFSL), et la piscine bénéficie officiellement du label «LGBT-friendly» décerné par l’organisation. C’est la première piscine à obtenir ce certificat, mais la bibliothèque de Sundbyberg, par exemple, peut déjà s’en réclamer.

«J’ai beaucoup appris moi-même, sur la façon dont je peux être plus humain et offrir un meilleur service par des moyens que je n’avais pas imaginé auparavant, a expliqué Mikael Eljenmyr, le directeur de la piscine, à la chaine de télévision publique SVT. Cela tient beaucoup à la façon dont nous considérons les gens. C’est très normé. (…) Lorsqu’un homme vient acheter un abonnement familial, nous ne sommes pas obligé.e.s de demander le nom de son épouse, nous pouvons employer plutôt le terme “partenaire”.»

Pour Isander Freiman, qui a conduit les formations au nom de RFSL, le réaménagement de la piscine n’est qu’un début. «Je n’aurais jamais pensé il y a quelques années voir un troisième vestiaire dans une piscine, a-t-elle déclaré à SVT, et pourtant on y est. J’espère maintenant que le reste de la Suède suivra.»

Photo Capture