À 72 voix contre 4, les parlementaires de la République de Macédoine ont adopté le 22 janvier un amendement qui modifie la définition du mariage dans la Constitution. Alors que la législation de ce petit pays des Balkans établissait déjà cette institution comme l’union d’un homme et d’une femme, ce vote sonne comme un moyen d’endiguer toute tentative de reconnaître les couples d’hommes et de femmes: «Le mariage exclusivement défini comme l’union entre une femme et un homme est une part intégrante de l’histoire humaine, une tradition constante vieille de plusieurs siècles dans cette région. Le mariage est un des piliers fondamentaux de la société.»

L’amendement doit encore passer un nouveau vote, puis être approuvé par le président. Lors du vote, des militant.e.s se sont rassemblé.e.s à l’extérieur de l’Assemblée pour protester contre cette atteinte aux droits humains (photo).

Une telle mesure ne peut qu’empirer une situation déjà extrêmement difficile pour les premières personnes concernées: «Le seul effet réel va être d’augmenter les préjugés sociaux sur les personnes LGBT, confirme le Centre LGBTI de Skopje, de marginaliser davantage une communauté déjà marginalisée et d’augmenter inutilement le tourment qu’elles vivent au quotidien en Macédoine.» La vice-présidente de l’Intergroupe pour les droits LGBT au Parlement européen Sophie in’t Veld a elle aussi regretté que les parlementaires se soient engagé.e.s dans cette voie: «En octobre l’an dernier, le Centre LGBTI de de Skopje a été attaqué pour la énième fois. Les personnes LGBT de Macédoine font face à de sérieux préjugés et subissent trop souvent les crimes de haine, auxquels les autorités ne réagissent pas. Le gouvernement macédonien devrait se rendre compte que la diversité est source de prospérité et de stabilité sociale, et non un obstacle. Inversement, l’homophobie n’a jamais créé d’emploi ou résolu aucun autre problème. La Macédoine ferait mieux de suivre la direction prise par un nombre grandissant de pays en Europe et aux Amériques où les couples de même sexe sont légalement reconnus et protégés.»

Dans le dernier rapport annuel de l’Ilga-Europe, la Macédoine, qui a dépénalisé l’homosexualité en 1996, obtient le score le plus bas de la région des Balkans, derrière le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine. Sa législation en faveur des personnes LGBTI s’apparentent à celle de la Turquie, le Belarus ou encore l’Ukraine.

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