«Si les actions ont plus de poids que les discours, alors le message que la FIFA envoie aux athlètes homos est douloureusement clair. Non seulement ils ne nous soutiennent pas, nos vies ne comptent pas.» Ces mots sont de Robbie Rogers dans une tribune publiée par USA Today.

Pour le footballeur ouvertement gay des LA Galaxy, il ne faut pas s’étonner du peu de coming-out dans son sport quand la fédération internationale confie l’organisation des deux prochaines coupes du monde masculines à la Russie et au Qatar, deux pays à la législation LGBT-phobe.

Pour que des footballeurs sortent du placard, ils ont besoin de savoir que la FIFA est avec eux, insiste Robbie Rogers, convaincu que la peur d’être rejeté par ses proches n’est pas la raison principale qui empêche le coming-out.

«Pour un footballeur homo qui espère jouer pour l’équipe nationale des États-Unis en Coupe du Monde, assumer son orientation sexuelle pourrait avoir des conséquences très concrètes quand il mettra un pied dans un pays dont les lois peuvent l’envoyer en prison», assure Robbie Rogers.

«Mon premier souvenir de football est la Coupe du Monde 1994 avec mon père, poursuit-il. Nous étions allés voir le match entre les États-Unis et la Colombie au Rose Bowl. Je me souviens des couleurs, des odeurs et de toute cette excitation avec des dizaines de milliers d’autres fans de foot dans les tribunes tandis que nous encouragions notre équipe nationale. Cette expérience a allumé en moi le feu qui m’a fait penser, “Un jour, je jouerai en Coupe du Monde”.

«Le rêve de cet enfant de 7 ans n’est pas encore devenu réalité (je m’en suis approché). Mais à tous ces athlètes homos prometteurs avec leurs propres rêves de foot, la FIFA donne encore de très bonnes raisons de se cacher. Et ce n’est pas juste mon imagination.»

Photo via Instagram

Une version plus courte de cet article est à lire dans la chronique Terrains de Jeux du 23 janvier 2015, en intégralité ici.

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