«I can ride a fucked up bull, I wanna break all gender rules», susurre-t-elle dès le premier morceau de l’album. Mademoiselle K n’a rien perdu de son mordant avec Hungry Dirty Baby, un nouvel album qu’elle a choisi de composer tout en anglais. Un pari audacieux et un choix mûrement réfléchi: «Je savais que ça pouvait être complètement raté, alors je suis allée apprendre à l’étranger.» Cet album dans la langue de Shakespeare, la chanteuse se l’est lancé comme un challenge, pour sortir de la zone de confort et se mettre un peu en danger.

Ne pas donner dans la facilité, donc, mais aussi un moyen de se servir d’une langue pour parler crûment de certains thèmes qui lui sont chers, comme l’androgynie, la confusion entre les genres: «Ça me passionne aussi parce que je suis concernée. L’androgynie, je la cultive sans la cultiver: je suis née avec ça, ça fait partie de moi! Donc ça m’intéresse d’en parler. Et je me dis que même à 30 ans, on a beau savoir des choses, on n’a jamais fini de savoir.»

Mêmes thèmes de prédilection, mais nouvelle langue, Mademoiselle K relève en tout cas le défi haut-la-main: «L’anglais, comme l’espagnol, que je parle moins bien, sont des langues que je trouve très très sensuelles», admet-elle. Sensuel, l’album Hungry Dirty Baby l’est justement, mais aussi sexuel et un peu sale et la rockeuse s’en est amusée: «Oui dans certaines chansons, je dis que je ne me suis pas lavée depuis des jours, que j’ai laissé mon dentifrice dans une montagne russe». C’est un souvenir de l’adaptation du Bleu est une couleur chaude que la rockeuse évoque pour expliquer cette imagerie: «Quand j’ai vu La Vie d’Adèle, je me souviens avoir été fascinée de voir cette fille avec sa morve au nez, ou quand elle mangeait ses pâtes bolognaise qui lui restait au coin de la bouche.» Le trop-parfait agacerait-il la chanteuse? «Oui et non, car paradoxalement pour obtenir ce côté crade sur certaines chansons, cela nécessite justement énormément de retouches, de peaufinages.» Moins pop que son prédécesseur, Jouer Dehors, Hungry Dirty Baby sonne finalement comme un retour aux fondamentaux: «J’aime la soul, j’écoute de la folk, des choses très douces, mais j’avais aussi besoin de savoir ce qui me correspond vraiment. Quand on est à l’étranger, on est tout le temps en train de se présenter: “Salut je m’appelle Katherine”, “Et tu fais quoi?”, “Je fais du rock”. Si cette personne découvre pour la première fois ma musique, qu’elle me voit pour la première fois sur scène, qu’est-ce que j’ai envie de lui faire entendre?»

L’album est à peine sorti que Mademoiselle K s’embarque déjà pour une tournée en France dès le 23 janvier, avec une date à La Cigale le 26. Une évidence pour cette bête de scène: «Pour moi, être sur une scène c’est la liberté, le bonheur… le septième ciel!»

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Rencontre avec Mademoiselle K pour la sortie de «Hungry Dirty Baby»

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Photo Iris Della Roca et Lou Levy