Partie civile dans le procès qui a vu la condamnation pour provocation à la haine et à la violence en raison de l’orientation sexuelle de trois personnes ayant tenu des propos homophobes sur Twitter, le Comité Idaho France se réjouit que «pour la première fois, la justice sanctionne des propos homophobes tenus sur un réseau social». Mais son président Alexandre Marcel reste amer quant aux sanctions elles-mêmes: 500 euros d’amende pour deux des prévenus et 300 euros pour le troisième, a décidé hier, mardi 20 janvier, le tribunal correctionnel de Paris. Chacun des prévenus devra également verser la même somme au Comité Idaho au titre des dommages et intérêts, relate l’AFP.

TWITTER PAS INQUIÉTÉ
«On aurait aimé une condamnation plus ferme, confie à Yagg Alexandre Marcel. Aujourd’hui, en France, appeler au meurtre des homos sur Internet, c’est 300 ou 500 euros suivant que cela a été dit avec ou sans humour. Une peine de travaux d’intérêt général au cours de laquelle ils auraient travaillé avec une association de lutte contre l’homophobie aurait pu être utile. Mais là, ça reste une peine symbolique.»

Pour le responsable associatif, plusieurs manquements sont à déplorer. De la part de Twitter, d’abord: «Le hashtag #LesGaysDoiventDisparaîtreCar a été affiché en une du site parmi les sujets populaires pendant trois jours!», s’exclame Alexandre Marcel. En août 2013, ce mot-clé ainsi que #BrûlonsLesGaysSurDu ont été parmi les plus utilisés pendant un week-end avant que le réseau social réagisse. Ces hashtags avaient bien été signalés par des associations comme SOS homophobie, qui dispose d’un partenariat privilégié avec Twitter, mais la personne censée recevoir ces signalements chez Twitter était alors en congés. Pour Alexandre Marcel, il est regrettable que «la responsabilité de Twitter n’ait pas été soulevée».

Il estime en outre que la justice n’a pas cherché à aller au fond des choses dans son investigation: «Le procureur de la République n’a finalement suivi que ce qu’on lui avait donné et seules trois personnes ont été poursuivies sur les 15 qu’on lui a transmises, indique Alexandre Marcel. Il y a pourtant eu 5000 retweets et on a trouvé qu’au moins 900 propos tombaient sous le coup de la loi. Une enquête a bien été menée, mais il y a un problème de collaboration avec Twitter pour retrouver l’identité des personnes à l’origine de ces tweets.»

Chaque internaute peut signaler des propos injurieux. Pour un traitement plus rapide, les tweets homophobes peuvent être rapportés à l’association SOS homophobie au moyen d’un formulaire en ligne.

Photo Judith Silberfeld