Quatorze organisations, dont le National Health Service (NHS, le système de santé publique), ont signé un accord visant à restreindre l’accès aux thérapies de conversion destinées à «guérir» les personnes homos ou bisexuelles. Ce Memorandum rappelle qu’un rapport publié en 2009 montrait qu’un thérapeute sur six au Royaume-Uni a déjà incité certain.e.s patient.e.s à «changer» leur orientation sexuelle. Or, plusieurs études ont montré depuis de nombreuses années l’inefficacité de ces méthodes: «Tous les principaux corps de professionnels de psychologie du Royaume-Uni ont conclu que la thérapie de conversion est non-éthique et potentiellement néfaste». Les signataires s’engagent donc à atteindre une série d’objectifs: informer le public des risques autour de ces thérapies, faire en sorte que l’ensemble des professionel.le.s de santé soient averti.e.s des questions éthiques qu’elles soulèvent, mais aussi les former pour répondre correctement aux besoins des patient.e.s LGB qui exprimeraient le besoin de «soigner» leur homosexualité.

Pour Amber Dowell du UK Council for Psychotherapy, l’un des signataires du Memorandum, s’il existe aujourd’hui encore un risque que des médecins orientent vers une thérapie de conversion, c’est principalement «par ignorance des questions éthiques à ce sujet» plus qu’en raison «de certains préjugés envers les personnes homos ou bies»: «Je pense que, en essayant d’aider, par erreur, des personnes ont été adressées à des spécialistes». Pour elle, il est nécessaire de créer un environnement où les patient.e.s puissent être aidé.e.s de la bonne manière: «Il arrive souvent que des gens en arrivent à questionner leur sexualité, à vouloir explorer l’attirance qu’ils ressentent. On veut que ces personnes soient capables de le faire dans un environnement sûr, où elles trouvent du soutien, sans faire face à des jugements.» Même si les thérapies visant à «guérir» de l’homosexualité sont peu fréquentes désormais, plusieurs témoignages publiés par l’émission Newsbeat en 2013 attestent que certains professionnel.le.s peuvent orienter vers cette solution, et surtout des dégâts qu’elles peuvent causer: «Mon médecin généraliste m’a envoyé vers un psychiatre de Londres où j’ai accepté de faire “une cure de déconditionnement” pour “soigner ma maladie mentale”, pour arrêter d’être homo. Ma femme, tout comme moi, savait qu’il fallait trouver un autre moyen que de soigner mon homosexualité par l’électrocution», raconte Martin. John se souvient quant à lui d’un homme dans les années 60 qui avait subi «une thérapie de conversion dans un lieu très chic à Birmingham»: «Le résultat c’est qu’à chaque fois qu’il voyait l’image d’un homme nu, il avait un haut-le-cœur et il n’était pas plus attiré par les femmes qu’il ne l’avait jamais été. Il était très malheureux.»

Le ministre d’État aux Soins et au Soutien Norman Lamb a salué cette initiative: «Nous avons toujours été clair.e.s sur le fait qu’être gay, lesbienne, ou bisexuel.le n’est pas une maldie. Toute thérapie qui affirme changer l’orientation sexuelle d’une personne est non seulement contraire à l’éthique mais aussi potentiellement nocive. J’apprécie cet engagement du NHS, des universités et des organisations professionnelles à aider à s’attaquer à de telles pratiques au Royaume-Uni.»

Photo Capture (For The Bible Tells Me So)