Jean-Claude Baker comptait parmi les «enfants» de Joséphine Baker. Né Jean-Claude Tronville, il a vécu par ses propres moyens dès l’âge de 14 ans, avant de rencontrer quelques années plus tard celle qui eut un tel impact dans son existence qu’il prit son nom de famille. Restaurateur, il avait ouvert un établissement nommé Chez Joséphine à Manhattan. Après plusieurs années de dépression, il s’est donné la mort à 71 ans. Son corps a été retrouvé jeudi 15 janvier par la police.

Plusieurs journaux lui ont consacré quelques lignes. Si le New York Post le présente comme un «Français ouvertement gay», le New York Times ne dit pas un mot de son orientation sexuelle. Le journal parle d’un homme «flamboyant» qui a mené une vie «haute en couleurs et aux multiples facettes». Le fait qu’il a ouvert un club à Berlin accueillant des client.e.s «homos et hétéros» est mentionné, tout comme son restaurant new-yorkais où Jean-Claude Baker faisait preuve d’une «effervescente hospitalité».

Pour Gérard Koskovich, co-fondateur du centre d’archives GLBT Historical Society à San Francisco, le New York Times contribue à une «placardisation posthume». «Il faut un talent aiguisé pour lire entre les lignes que le sujet de la nécrologie du jour, Jean-Claude Baker, était gay», déplore l’historien. Il recommande à la rédaction du journal de laisser tomber «les clins d’œil dignes des années 50» devenus «embarrassants» à une époque où l’un des enjeux est la visibilité et pour un homme qui de surcroît ne cachait pas son orientation sexuelle.

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