Nominé parmi d’autres personnalités pour recevoir le Campaign Award de l’association Cavaria, l’évêque d’Anvers Johan Bonny n’a pas fait part d’un enthousiasme débordant et a même demandé à ce que son nom soit retiré. «Il ne souhaitait pas recevoir de prix pour ce qui est de sa mission et de sa responsabilité», a insisté Olivier Lins, porte-parole du diocèse. Malgré ces réticences, l’association flamande a tout de même décerné ce prix à l’évêque le 17 janvier en signe de reconnaissance pour ses prises de positions envers les couples de même sexe et les familles homoparentales lors du synode sur la famille. Un prix qui n’a donc pas forcément fait plaisir à l’ecclésiastique: «Comme le prix lui a malgré tout été décerné, Mgr Bonny souligne vouloir préserver son indépendance face à tous les groupes ou associations impliqués dans un domaine particulier, a déclaré le porte-parole du diocèse. Son objectif demeure d’unir et de réconcilier, sur les pas du pape François.»

Si Cavaria a choisi Johan Bonny, ce n’est certainement pas pour l’embêter mais pour saluer les valeurs progressistes qu’il transmet aux fidèles. Jeroen Borghs, le porte-parole de l’association, maintient que l’opinion de l’évêque mérite largement d’être mise en avant: «L’évêque donne ainsi la parole à un groupe croissant de personnes au sein de l’Église catholique qui veulent suivre la voie de la réconciliation et de la diversité. L’importance de cet argument ne peut pas être sous-estimée étant donné l’influence morale de l’Église dans de nombreuses parties du monde. Pour beaucoup de gens, les mots de Bonny sont un encouragement. Non seulement les croyant.e.s homosexuel.le.s peuvent y puiser des forces, mais pour leurs parents et leurs grands-parents, ce message est important.»

Johan Bonny est pressenti pour prendre la succession de Monseigneur André-Joseph Léonard, l’actuel archevêque de Malines-Bruxelles et primat de Belgique, qui prendra sa retraite en mai 2015.

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