[mise à jour, 18h] Précisions sur la position du chef d’établissement par rapport au parent d’élève cité

En partenariat avec l’association Ciné’fil, une Semaine du cinéma britannique est proposée aux élèves des collèges et lycées de Blois. Parmi les films proposés figure Pride, réalisé par Matthew Warchus et lauréat de la Queer Palm en marge du dernier festival de Cannes. Ce film retrace l’histoire vraie du soutien apporté par des activistes lesbiennes et gays aux mineurs britanniques pendant la grande grève de 1984-1985. Les élèves de troisième et de seconde du collège-lycée Notre-Dames-des-Aydes devaient le voir hier, jeudi 15 janvier, mais le chef d’établissement Jean-Cyrille Péroteau a demandé un changement de programme et les élèves concerné.e.s sont finalement allé.e.s voir Queen and Country.

«DES CLICHÉS STIGMATISANTS»
«Ce film n’est pas adapté au public de seconde ou de troisième, a-t-il expliqué à La Nouvelle République. Il est pédagogiquement orienté pour des élèves de terminale. Des parents se sont émus de l’histoire de ce film et ont attiré mon attention.» Parmi les parents interrogés par le quotidien régional, un père de famille raconte avoir eu des réticences car ce film ferait «la promotion de l’homosexualité». «J’ai choisi pour mes enfants un enseignement catholique qui prône des valeurs chrétiennes, a-t-il souligné. Ce film n’entre pas dans cette catégorie.» Le chef d’établissement se serait-il rangé à de tels arguments? Loin de là, affirme-t-il à Yagg. «Je ne partage pas ce que dit ce parent d’élève: le problème, de mon point de vue, n’est pas la nature du sujet mais le traitement qui en est fait», a-t-il assuré.

Alors pourquoi avoir empêché les élèves de voir le film? «Les élèves de terminale y vont, précise Jean-Cyrille Péroteau. J’ai vu ce film, il est éminemment sympathique et ça n’engage que moi, mais ce n’est pas le meilleur outil pour des élèves de 14 ans chez qui on entend déjà des propos affligeants et caricaturaux. Dans Pride, le traitement de l’homosexualité repose sur un humour outrancier avec des clichés stigmatisants. Pour le comprendre, il faut du recul, c’est de l’humour britannique à la Monty Python, mais des élèves de troisième ou de seconde ne le verront pas par le bon prisme, il y aurait beaucoup de confusion. Ce film correspond tout à fait au programme des terminales de la filière économique et sociale (ES) qui étudient les luttes des minorités et le libéralisme sous Margaret Thatcher, mais chez des élèves plus jeunes, cela ne ferait que répandre l’idée que les personnes homosexuelles doivent se comporter selon certains stéréotypes et je ne veux pas cultiver cela chez les enfants.»

Le film sortira en DVD le 21 janvier prochain.

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