Partant du constat qu’on compte moins de salarié.e.s issu.e.s de minorités ethniques dans les chaînes de télévision britanniques qu’il y a cinq ans, la directrice de la diversité de la chaîne publique Channel 4 Oona King a élaboré une charte contraignante qui vise directement les salaires des dirigeant.e.s de la chaîne. Des objectifs chiffrés devront être atteints d’ici 2020, ou ces responsables devront renoncer à leur primes et bonus. D’après Oona King, ancienne députée travailliste, l’échec des précédentes politiques pour favoriser la diversité ont échoué parce qu’elles ne touchaient pas le portefeuille des responsables, a-t-elle confié à The Independent.

Dans 5 ans, la chaîne devra ainsi compter au moins 20% de salarié.e.s issu.e.s de minorités visibles, alors qu’il y en a pour l’heure 15%. Il faudra aussi 6% de personnes qui s’identifient comme étant LGBT, un chiffre qui s’élève à 2,4% actuellement. Les programmes de fiction produits par la chaîne devront compter au moins un personnage principal handicapé, provenant d’une minorité visible ou étant LGBT. Si aucun de ces critères n’est rempli, le programme devra faire apparaître au moins 50% de femmes parmi les rôles principaux. Des exigences moins élevées s’appliquent pour les programmes de divertissement qui devront compter au moins 25% de femmes et 15% d’invité.e.s ou d’animateurs/trices issu.e.s de «groupes sous-représentés». Les personnes blanches venant de milieux sociaux défavorisés feront elles aussi l’objet d’une attention particulière, a indiqué Channel 4.

Pour Oona King, «il vaut mieux déterminer d’avance ce qui doit être accompli plutôt que de rectifier à la marge. La diversité doit être une considération dès le départ, au moment où les programmes sont conçus.» Elle cherche aussi à lutter contre les stéréotypes notamment quand ils concernent les personnes LGBT. «Les gays ne sont autorisés à la télé que quand ils font rire», a-t-elle glissé en nommant Graham Norton et Alan Carr, deux animateurs gays présentant des émissions de divertissement.

L’idée n’est pas d’«embaucher une personne parce qu’elle est noire, ou parce que c’est une femme, une personne handicapée ou un homo», assure Oona King à The Guardian, mais «de faire l’effort de chercher des personnes de talent au sein de ces groupes» sous-représentés. La chaîne a indiqué investir plus de 6,5 millions d’euros pour la mise en œuvre de cette charte. Des plans moins ambitieux ont également été mis en place par la BBC et Sky.

Photo Capture (Bande-annonce de la série Cucumber de Russell T Davies)