Le cardinal Raymond Burke occupait une position éminente en tant que préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique. Cette institution est la juridiction suprême au sein de la Curie romaine et Raymond Burke était à sa tête jusque récemment. Ce samedi 10 janvier, le Vatican a officiellement annoncé qu’il a été remplacé par un Français qui doit bientôt être ordonné cardinal, Dominique Mamberti. Manuel Valls s’était entretenu avec lui en 2012 sur plusieurs sujets dont la question du mariage pour tous, et l’actuel Premier ministre avait alors qualifié la parole de l’Église catholique de «responsable et respectueuse».

LES HOMOS DOIVENT «CHERCHER LA GUÉRISON»
Raymond Burke est quant à lui désormais patron de l’Ordre de Malte, une organisation religieuse à vocation caritative, ce qui implique de moindres responsabilités pour le cardinal américain. Ce changement de poste avait été pressenti pendant le synode sur la famille qui s’est tenu en octobre 2014 et au cours duquel Raymond Burke avait tenu des propos très durs à l’encontre des personnes homosexuelles. Après la publication d’un rapport d’étape au contenu assez positif – «Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne», pouvait-on y lire –, il avait vivement réagi en estimant que l’Église catholique ne doit pas se référer «aux personnes en les appelant homosexuelles. Ceci n’est pas leur identité. Il est impossible que l’Église dise que les relations homosexuelles ont un aspect positif. Comment attribuer un aspect positif à un acte impur? Il faut être clair.»

Perçu par plusieurs observateurs/trices comme la figure de l’opposition conservatrice au pape François, comme l’indique le site chrétien Aleteia, Raymond Burke a cherché à s’en défendre et à amoindrir la portée des propos qu’il a tenus en marge du synode dans une interview accordée en novembre 2014. «L’une des difficultés du synode, c’est la confusion qui a régné quand on en est arrivé à sous-entendre qu’il pouvait y avoir des éléments positifs dans des actes qui sont des péchés mortels, a-t-il précisé. Nous savons tous que ce n’est pas possible. Il ne peut pas y avoir du bon là-dedans. Et si le pape est loué pour se soucier des personnes qui souffrent d’une attraction envers les personnes du même sexe – et dans la société d’aujourd’hui, on a conscience de cette souffrance en voyant le mouvement pour les droits des homosexuels –, le souci du pape pour ces personnes consiste à ce qu’elles comprennent que même si elles ont cette attraction, c’est une attraction envers des actes désordonnés et qu’elles doivent chercher la guérison et la grâce dont elles ont besoin pour ordonner leur vie correctement et faire face à leur souffrance, et c’est une très profonde souffrance.»

Convaincu de ce qu’il avance, il a confié avoir accompagné «une personne activement engagée dans le mouvement homosexuel» vers la «conversion». Maintenant relégué à une position moins en vue, il devrait bénéficier d’une attention moindre.

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