En marge d’un événement organisé pour la Journée nationale de la jeunesse en Inde, le ministre des Sports et de la Jeunesse de l’État de Goa Ramesh Tawadkar (photo) a proposé l’ouverture de centres pour les jeunes LGBT, dans la lignée des établissements accueillant des personnes alcooliques, rapporte The Hindustan Times. «Nous en ferons des personnes normales, a déclaré Ramesh Tawadkar ce lundi 12 janvier. Nous les accompagnerons et nous leur donnerons des traitements.»

L’HOMOSEXUALITÉ TOUJOURS PÉNALISÉE
Les jeunes LGBT seraient considéré.e.s au même titre que les jeunes délinquants ou les jeunes toxicomanes d’après le ministre qui a indiqué que le projet était actuellement étudié par le gouvernement. Des enquêtes seraient menées auprès des populations concernées pour mieux cerner les besoins. Le parti du Congrès national indien a critiqué cette proposition «non-scientifique, illogique et sans cervelle», estimant que «chacun.e a le droit de vivre sa vie de la façon souhaitée», relève India Today. Pour la militante pro-LGBT Rituparna, les propos du ministre sont «ridicules, c’est comme si on faisait marche arrière», a-t-elle indiqué à DNA India.

Le même jour, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon était à New Delhi. Il n’a pas réagi aux propos du ministre de Goa mais a fustigé l’existence de lois pénalisant l’homosexualité en Inde, pointe NDTV: «Je suis fier de soutenir le droit de tout le monde à l’égalité, notamment des personnes qui sont lesbiennes, gay, bisexuelles ou transgenres. Je prends la parole parce que les lois pénalisant les relations consenties entre adultes de même sexe violent les droits fondamentaux de chacun.e à l’intimité et à l’absence de discrimination. Même si elles ne sont pas appliquées, elles fournissent un terrain à l’intolérance.» En janvier 2014, la Cour suprême avait indiqué qu’il était du ressort du pouvoir législatif d’abroger les dispositions qui font de l’homosexualité un crime.

Photo Capture