Un porte-parole du ministère de la Défense britannique a fait savoir que l’armée avait introduit de nouvelles mesures à l’automne dernier pour promouvoir et encourager la diversité, rapporte la BBC: «Le personnel en service est désormais encouragé à déclarer son orientation sexuelle. Même si ce n’est pas imposé, collecter ces données nous donnera une meilleure compréhension de la composition de nos forces armées et aidera à assurer des politiques et des pratiques qui soutiendront pleinement ces personnes.» Les nouvelles recrues seront donc questionnées sur ce point lors de leur engagement, mais auront bien entendu la possibilité de ne pas se prononcer.

Pour l’ancien soldat ouvertement gay James Wharton, il s’agit d’un signal très positif: «C’est une nouvelle fantastique. Mais c’est important que les troupes n’aient pas à révéler leurs préférences sexuelles. Moi je n’étais pas prêt à le faire», a-t-il déclaré. Ce membre de la cavalerie de la maison royale a récemment raconté son histoire dans un livre, Out in the Army. Il a notamment servi aux côtés du Prince Harry en 2008 au Canada, qui l’a par ailleurs défendu lors d’une agression homophobe. Ouvertement lesbienne, la lieutenant Mandy McBain a été confrontée à des préjugés lors de son passage dans l’armée. Aujourd’hui porte-parole de l’organisation LGBT Stonewall, elle s’enthousiasme à son tour de cette avancée: «En connaissant mieux leur personnel, les forces de l’armée pourront mieux les soutenir.»

C’est en 2000 que l’armée a autorisé les gays, les lesbiennes et les bi.e.s à servir ouvertement dans ses rangs. Si l’opinion publique s’était montrée très majoritairement favorable à ce changement, puisqu’en 1999 sept Britanniques sur dix affirmaient dans un sondage que les LGB devaient être autorisé.e.s à servir dans l’armée, les choses semblaient moins évidentes dans l’armée. Pourtant, la levée de ce Don’t Ask Don’t Tell à l’anglaise n’a finalement pas causé de remous: «Il y avait cette attente que cela crée des problèmes, mais cela n’est simplement pas arrivé. Les gens ont juste continué à faire leur travail», avait constaté Dave Smal, un ancien de la Royal Navy, aujourd’hui militant à Stonewall.

Photo Lawrence Harman