MY TWO DADDIES
En Californie, au début des années 1980, Paul et Rudy débutent une relation amoureuse quand le destin met sur leur chemin Marco, un enfant handicapé, malmené par une mère toxico. Alors que celle-ci est incarcérée, la garde de l’enfant est confiée au couple et l’enfant peut mener une existence stable avec ses «deux papas». Mais la découverte de leur homosexualité va provoquer le retrait de la garde de l’enfant. Ils vont devoir se battre.

My Two Daddies a de nombreux points communs avec l’histoire de Torch Song Trilogy, le personnage principal est un female impersonator, son compagnon a du mal à faire son coming out, le thème de l’adoption est également présent dans les deux films. Mais les ressemblances s’arrêtent là. La pièce de Harvey Fierstein tendait souvent vers la comédie et se concentrait sur les rapports fils-mère, lorsque My Two Daddies assume un côté mélodramatique, au meilleur sens du terme. C’est la société toute entière, rejetant le couple homosexuel, qui va précipiter le drame. Le film est porté par la très belle interprétation des trois principaux acteurs et particulièrement celle de Isaac Leyva, un jeune acteur trisomique. Mention spéciale aussi pour Alan Cumming, acteur polymorphe et grand défenseur des droits LGBT. Celui qui triomphe actuellement à Broadway dans la comédie musicale Cabaret est bouleversant dans sa version du I Shall Be Released, de Bob Dylan. My Two Daddies a remporté de très nombreux prix dans des festivals.


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My Two Daddies, de Travis Fine, avec Alan Cumming, Garret Dillahunt, Isaac Leyva…

LE SCANDALE PARADJANOV OU LA VIE TUMULTUEUSE D’UN ARTISTE SOVIÉTIQUE
Sergueï Paradjanov, ce nom ne dit sans doute pas grand chose aux plus jeunes. Mais il a été, entre les années 1960 et 1990, un cinéaste majeur et a symbolisé le combat des artistes contre le pouvoir soviétique en URSS. Ce poète et plasticien d’avant-garde a réalisé deux chefs d’œuvre, Les Chevaux de feu et Sayat Nova, qui ont marqué durablement le Septième Art. Marié, il aimait aussi les garçons. Sa liberté d’esprit lui a valu cinq années d’emprisonnement dans les geôles soviétiques.

Serge Avédikian, qui l’a bien connu, a choisi de montrer les 30 dernières années de sa vie, du tournage des ses principaux films à ses déboires avec la censure. Il montre dans ce film, qui emprunte à Paradjanov une grande liberté visuelle et de ton, comment Paradjanov a pu garder, même après des années d’incarcération, sa force vitale et créatrice. Le fait que le réalisateur a choisi d’interpréter le personnage de Paradjanov ajoute une touche d’authenticité à cette très belle évocation d’un artiste hors normes. Le Scandale Paradjanov a notamment obtenu le Grand Prix au Festival du film d’histoire de Pessac.

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À voir aussi: Serge Avédikian explique dans une interview vidéo à Yagg l’originalité de la personnalité de Sergueï Paradjanov et de son cinéma.

Le Scandale Paradjanov ou la vie tumultueuse d’un artiste soviétique, de Serge Avédikian et Olena Fetisova, avec Serge Avédikian, Yulia Peresild, Karen Badalov