«Les enfants devraient-ils être exposés au son de la sodomie? Devraient-ils être exposés à cette obsession bestiale pour les actes contre-nature? Les sons de la sodomie peuvent-ils résonner dans un foyer chrétien?» peut-on lire sur un dépliant édité par un groupe chrétien non identifié en Irlande. Ce flyer incite à voter non lors du référendum sur l’ouverture du mariage qui aura lieu en mai. La question de l’adoption par des couples de même sexe n’est pas à l’ordre du jour, mais les auteur.e.s de ce prospectus n’hésitent pas à déformer les faits pour parvenir à leurs fins.

D’après un sondage de The Irish Times publié en décembre 2014, 71% des Irlandais.es sont favorables à cette avancée. Il n’est donc pas surprenant que le dépliant homophobe ait très rapidement fait l’objet de moqueries sur les réseaux sociaux, comme l’a constaté The New Civil Rights Movement.

«Vous n’avez probablement jamais entendu les #SonsDeLaSodomie, mais ils sont trèèès connus au Japon.»

«Comment l’Irlande pourrait-elle être contre les #SonsDeLaSodomie? On a gagné sept fois l’Eurovision, nom de Dieu!»

«L’Église fournira aux enfants des casques anti-bruit en prévision de l’imminente sodomocalypse #SonsDeLaSodomie»

«La sodomie produit-elle le même son lorsqu’elle est pratiquée par des couples hétérosexuels?» Sur Twitter, le mot-clé #SoundsOfSodomy a rapidement figuré parmi les plus utilisés, provoquant le rire chez la drag-queen Panti Bliss.

«Haha! Je parie que les émigrant.e.s sont dégoûté.e.s maintenant.»

Sur Facebook, elle a toutefois adopté un ton moins moqueur pour avertir que ce type de campagne risque de devenir courant à l’approche du référendum. Malgré les sondages plutôt positifs sur l’issue de cette consultation populaire, le ministre de l’Égalité Aodhán O’Ríordáin redoute qu’un trop-plein de confiance soit finalement la cause d’un échec. D’autant plus que la cote de popularité du gouvernement s’effrite. «Si le vote devait avoir lieu la semaine prochaine, nous serions perdant.e.s, a averti le ministre interrogé par The Irish Independent. Nous devons faire campagne sur tous les fronts et la suffisance fait partie de nos plus gros problèmes.»