Cinq ans après Apocalypse Bébé, Virginie Despentes revient en ce début d’année 2015 avec le premier tome de Vernon Subutex, qui sort mercredi 7 janvier. Elle était ce matin l’invitée d’Augustin Trapenard dans l’émission Boomerang sur France Inter pour parler de ce nouveau livre, peut-être moins punk ou en tout cas moins colérique selon le journaliste. «Ça y est j’ai 45 ans, il y a des trucs qui se tassent avec le temps, reconnait l’auteure. Y a de la colère, de l’indignation, soit on en crève, soit on s’en remet. Soit on le dit autrement.»

«C’est vrai que la colère que j’ai aujourd’hui n’est pas exactement la même que celle que j’avais au moment où j’ai écrit Baise-moi

Aujourd’hui Virginie Despentes défend donc une manière d’écrire et de s’exprimer autrement. Augustin Trapenard la questionne sur l’intervention de François Hollande qui s’est terminée quelques minutes plus tôt France Inter et sur les «micros-siestes» relevées par Sophia Aram: «Ça ne me choque pas, le manque de dynamisme du président, le manque d’autorité, de virilité, ce n’est pas ce que j’attends d’un président. Je suis pas folle de Poutine, quoi! (…) Ce n’est pas ça qui m’inquiète chez lui, c’est plus quand il parle de Notre-Dame des Landes, quand on a Manuel Valls comme Premier ministre.» Comme l’économiste Thomas Piketty, refuserait-elle la Légion d’honneur? La perspective ne l’enchante pas: «C’est plus que la cérémonie doit être chiante comme la mort!»

Alors que l’interview s’oriente sur l’état actuel de la politique en France, Augustin Trapenard revient sur les convictions de l’auteure: «Vous êtes un écrivain de gauche?» «Oui. Parfois je me demande pourquoi. Viscéralement oui. Je pense que le partage c’est important, que l’État a un rôle à jouer. Je pense que la santé pour tous c’est important, que l’éducation pour tous c’est important. (…) Pour un certain nombre de chose je suis de gauche.»

«Ce n’est même pas moral, c’est pragmatique, je ne crois pas que le capitalisme soit viable. Et de façon pragmatique je ne crois pas que l’extrême droite nous apportera autre chose qu’une série de guerres civiles, ce qui nous amènera à rien.»

«Vous portez des valeurs de gauche dans vos romans?» interroge Augustin Trapenard. «Je l’espère. Et en écrivant Vernon Subutex, j’ai trouvé ça difficile.»

Avec plusieurs personnages, dont La Hyène, déjà croisée dans les pages d’Apocalypse Bébé, Virginie Despentes choisit une nouvelle fois l’humour pour dépeindre certaines situations dans ce nouveau roman, l’humour «pour être tendre avec le lecteur», comme «une façon de taper sur l’épaule». «Vous êtes une tendre Virginie Despentes?» s’enquit Augustin Trapenard.

«Je ne suis pas qu’une tendre, mais quand j’écris je ne le fais pas pour casser les couilles à tout le monde.»

La première partie de Vernon Subutex sortira le 7 janvier, suivi d’un autre tome prévu pour mars 2015.

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