#LesHomosDoiventSeFaireSoigner, #HomophobeEtFier, #LesHomosNeContaminezPasNosEnfants, #OnNeVeuxPasDuMariagePourTous (sic): depuis quelques jours, les mots-clés homophobes connaissent un regain de popularité sur Twitter. Certains ont même été automatiquement considérés par le réseau social comme des sujets «tendance», leur conférant ainsi une visibilité encore plus grande. Grâce au partenariat noué avec Twitter, SOS homophobie a signalé plusieurs tweets qui ont été désindexés, indique l’association dans un communiqué. «Twitter a été très réactif», reconnaît le président de l’association Yohann Roszéwitch qui souhaiterait toutefois que de nouvelles mesures soient prises pour améliorer le dispositif.

«QUASIMENT UN TWEET HOMOPHOBE PAR SECONDE»
Une réaction de Twitter avant même les signalements opérés par SOS homophobie constituerait d’après lui une avancée. Il aimerait également qu’un rappel à la loi soit adressé aux auteur.e.s des tweets supprimés afin que ces personnes comprennent les motivations de la sanction. Ces mesures ne viseraient toutefois qu’une partie restreinte des tweets LGBT-phobes. «Certains propos sont homophobes, mais pas au sens juridique du terme», explique Yohann Roszéwitch. Exprimer son opinion contre l’adoption par des personnes LGBT, par exemple, est homophobe mais ne serait pas condamné par la justice qui verrait là une manifestation de la liberté d’expression.

Quant aux tweets qui assimilent l’homosexualité à une maladie ou contiennent des propos incitant à la haine, «il est difficile de porter plainte compte tenu de la masse qu’ils représentent», admet Yohann Roszéwitch. Il espère que la plateforme en anglais NoHomophobes qui recense des tweets LGBT-phobes en anglais pourra être adaptée en français, mais il ne serait matériellement pas possible d’intenter des poursuites à chaque fois: «On ne l’exclut pas, mais sur NoHomophobes il y a quasiment un tweet homophobe par seconde», souligne le responsable associatif. Le fait que beaucoup d’internautes sont anonymes sur Twitter contribue à assurer une certaine impunité.

Les difficultés rencontrées n’empêchent pas l’association de réfléchir avec les acteurs du secteur à une charte contre l’homophobie sur Internet. Dans son communiqué, SOS homophobie relève qu’en 2013, 50% des témoignages recueillis portaient sur des propos LGBT-phobes en ligne. Tous les propos homophobes constatés sur Internet peuvent être communiqués à l’association à l’aide d’un formulaire. Outre le signalement, la réponse spontanée apportée par des internautes en réaction aux mots-clés homophobes a été jugée efficace: «#VivelAdoptionPourTous et #LesHomophobesDoiventSeFaireSoigner ont finalement été repris un plus grand nombre de fois et c’est une très bonne chose», se réjouit Yohann Roszéwitch.

Photos Jillian West pour Twitter / Captures