Un article publié sur le site du Point, en parallèle de deux reportages diffusés mi-décembre dans La Nouvelle Édition, sur Canal + (voir les vidéos ci-dessous), met en lumière, malgré une utilisation parfois problématique du vocabulaire, en particulier sur les personnes trans’, le paradoxe du Pakistan, un pays qui fait partie des huit nations qui condamnent les personnes homosexuelles à la peine capitale, mais où pourtant les relations sexuelles entre hommes sont monnaie courante. Ces relations se vivent évidemment loin des regards, et ne sont pas considérées à proprement parler comme des relations gays, comme l’analyse le chercheur Qasim Iqbal: «Au Pakistan, les femmes ne sont pas accessibles en dehors du mariage, alors les hommes se débrouillent entre eux pour coucher. Ici, la majorité des hommes a eu au moins un rapport avec un autre, car il est bien plus facile et acceptable de s’isoler avec un homme qu’avec une femme. Ça ne veut pas dire qu’ils sont gays, juste frustrés.»

Au-delà de l’impossibilité pour un homme et une femme d’avoir des relations hors mariage, un autre témoin anonyme explique aussi le rôle de la culture pakistanaise et de la religion dans la perception du désir et des sentiments: «Les femmes sont un substitut pour le vrai amour, elles ne sont là que pour la reproduction. Le vrai amour, ça ne peut être qu’avec Dieu, qui est une figure masculine. donc le vrai amour, sur terre, ça ne peut être qu’avec un homme.»

L’autre paradoxe du Pakistan est la situation des hijras – terme qui englobe entre autres les personnes trans’, intersexes, et les travesti.es. – qui bénéficient d’une reconnaissance légale au Pakistan depuis fin 2011. Pour Nili, qui est trans’ elle-même, il existe une fascination à double tranchant pour les personnes issues de cette minorité: «Parce qu’ils portent les deux sexes en eux, ils ont toujours été à la fois respectés et persécutés. On se moque d’eux et ce sont les premiers que l’on viole, mais on leur demande aussi de bénir les bébés.»

Pas de témoignages de lesbiennes, en revanche, évoquées en plateau par Louis Villers, co-auteur des reportages avec Marie de Douhet, et pour lesquelles la situation est encore plus dangereuse que pour leurs homologues masculins.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Pakistan – La vie cachée des homosexuels – La Nouvelle Edition du 15/12

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Homos : le paradoxe pakistanais – La Nouvelle Edition du 16/12

Marie de Douhet et Louis Villers seront les invité.e.s de l’émission 7 milliards de voisins sur RFI lundi 5 janvier.