Journée électorale ce samedi 29 novembre pour les adhérent.e.s de l’UMP qui doivent choisir par scrutin électronique, dès ce soir à 20 heures, celui qui présidera leur parti. Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton ont fait campagne pendant plusieurs semaines pour tenter de convaincre. Sur la question de l’égalité des droits, ils n’ont pas tous la même position.

«UNE REVUE POUR HOMOSEXUELS»
Après avoir affirmé qu’il ne se prononcerait qu’une fois élu, Nicolas Sarkozy a finalement lâché, pressé par les membres de «Sens Commun», qu’il compte abroger la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. «La loi Taubira, pour que les choses soient claires et nous en débarrasser tout de suite, devra être réécrite de fond en comble, a-t-il affirmé avant de poursuivre: Quand on dit qu’une loi doit être réécrite de fond en comble, si vous préférez qu’on dise qu’on doit l’abroger pour en faire une autre, en français ça veut dire la même chose.» Pendant la campagne, l’ancien président de la République a également partagé son point de vue sur la place que devrait occuper l’homosexualité. Lors d’un meeting le 28 octobre à Marseille, il a indiqué que l’orientation sexuelle relève «de l’intime» avant de pourfendre une «revue pour homosexuels».

LE MARIAGE DES COUPLES HÉTÉROS «ABÎMÉ»
Le durcissement du discours de Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment plu à Hervé Mariton, qui n’a pas eu le moindre sourire quand l’ancien président de la République a annoncé qu’il compte abroger la loi sur l’ouverture du mariage. Le député-maire de Crest avait fait de cette question l’un des points qui devaient le démarquer de ses adversaires, mais maintenant que Nicolas Sarkozy est sur la même ligne que lui, difficile de jouer la carte de la différence. Ce qu’il a toutefois tenté en affirmant qu’à ses yeux parler de «mariage» pour les unions de couple de même sexe «abîme» les mariages contractés par des couples de sexe différent.

«RÉTABLIR DES FRACTURES»
Bruno Le Maire a quant à lui promis que sous son mandat, l’UMP ne militerait pas pour l’abrogation de la loi Taubira. Il craint de «créer de nouvelles divisions dans notre société» et de «rétablir des fractures». Mais comme ses deux rivaux, il est opposé à ce que les femmes puissent recourir à une PMA. Les trois candidats à la présidence du parti ont tous souhaité interdire cette pratique déjà interdite en France au motif que la loi ouvrant le mariage et l’avis de la Cour de cassation confirmant qu’une femme peut adopter l’enfant conçu par sa conjointe ouvriraient la voie à un «droit à l’enfant».

Pressenti favori, Nicolas Sarkozy pourrait l’emporter dès le premier tour. Si ce n’était pas le cas, un deuxième tour, prévu le samedi 6 décembre, devrait départager les finalistes.

Photos Captures (Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, Hervé Mariton)