[mise à jour, 27/11] Ajout de propos du président de l’association Flag!

En portant plainte le 10 novembre dernier, Sandrine (son prénom a été modifié) a mis en cause deux de ses supérieur.e.s hiérarchiques. Fonctionnaire de police municipale à Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, elle dit avoir reçu pendant deux ans insultes et moqueries car elle est lesbienne.

L’adjoint au chef de service parlait ouvertement d’elle comme de la «gouine», témoigne-t-elle. «Il parlait assez fort pour que je l’entende malgré le fait qu’il ne s’adresse pas directement à moi», a-t-elle précisé en déposant sa plainte. L’actualité autour du mariage pour tous a suscité d’autres remarques: «Les gouines et les pédés qui peuvent se marier, ça me dégoûte», aurait-il déclaré. Elle le dépeint comme un ami de l’adjoint au maire chargé de la sécurité Loïc Masson. Celui-ci aurait procédé à sa mutation sans respecter les procédures. Et quelques jours plus tard, Sandrine affirme avoir entendu l’adjoint au chef de service se féliciter d’avoir «fait dégager la gouine».

Contactée par Yagg, elle indique être «à bout de nerfs». Après avoir été en arrêt maladie en raison d’une dépression, elle a repris ses fonctions et assure bénéficier du soutien de ses collègues. Elle a également saisi l’association Flag! qui a émis un courrier à la maire de la ville, Chantal Brunel. Sandrine assure que l’élue lui a apporté son soutien et son appui. Jointe au téléphone par Yagg, Chantal Brunel a précisé qu’elle a annulé la mutation de l’agent de police municipale et lui a ainsi permis de retrouver son poste initial. «Je regrette tout cela, a déclaré la maire, et je ferai une enquête. Si les faits sont vérifiés, des sanctions seront prononcées car c’est inadmissible. Mais je tiens à souligner que mon adjoint n’a pas tenu de propos homophobes.» Selon la plainte de Sandrine, l’adjoint s’est effectivement contenté de la muter.

Pour Flag! , il a toutefois fallu une rencontre entre la maire et l’association pour que Chantal Brunel «prenne la mesure des choses. «C’est lorsque nous l’avons rencontrée le jeudi 20 novembre qu’il y a eu une prise de conscience, affirme le président de l’association Mickaël Bucheron. Nous avons demandé une enquête interne et l’affichage d’une note de rappel sur la déontologie policière.» Pour l’instant, la mairie a refusé à Sandrine le bénéfice d’une protection fonctionnelle, mais l’association continue à la demander.

Illustration Fabien Guenot