Duduzile Zozo a été assassinée à 26 ans parce qu’elle était lesbienne dans un township à l’est de Johannesburg. Son meurtrier a été condamné à 30 ans de prison par la cour de justice de Palm Ridge, rapporte l’organisation Forum for the empowerment of women (FEW) fondée par des militantes lesbiennes noires.

UN TIERS D’AGRESSIONS SEXUELLES CHEZ LES LESBIENNES AFRICAINES
En juin 2013, la jeune Sud-Africaine avait refusé les avances de Lekgoa Lesley Motleleng qui l’a tuée et s’est ensuite servi d’une brosse de toilette pour la violer. Le corps de la victime a été retrouvé à quelques mètres de chez elle. Cette affaire avait soulevé une importante vague d’indignations et de réactions: les Dégommeuses ont par exemple publié une lettre ouverte à Duduzile Zozo et Valérie Trierweiler avait appelé les chefs de gouvernement à aller au-delà des paroles contre la violence homophobe. La lourde condamnation de Lekgoa Lesley Motleleng constitue un signal fort dans ce pays où l’impunité des auteurs de viols «correctifs» a longtemps été la règle. Selon une étude mentionnée par BuzzFeed, un tiers des lesbiennes sud-africaines ont été les victimes d’agressions sexuelles.

C’est peut-être en plaidant coupable que le meurtrier a échappé à la prison à vie, une peine souhaitée par l’association FEW. Condamné à 25 ans de prison pour assassinat et à 25 ans de prison pour viol, Lekgoa Lesley Motleleng a vu sa peine être techniquement ramenée à 30 ans d’emprisonnement. Il connaissait la victime et sa famille, savait que Duduzile Zozo était lesbienne et a même assisté à une veillée en hommage avant d’être interpellé par la police.

L’organisation FEW, qui avait manifesté devant la cour de justice avant le procès, est satisfaite de la façon dont l’homosexualité de la victime a été mise en avant par la justice: «Dans la plupart des affaires, les juges mentionnent rarement que la personne a été tuée parce qu’on essayait de la “corriger” d’une certaine façon, a indiqué une porte-parole de FEW, Siphokazi Nombande, à BuzzFeed. Maintenant au moins, ils commencent à comprendre que ce n’est pas juste un viol ou un meurtre, mais qu’il y a une intention haineuse derrière.» D’après elle, c’est la première fois qu’une personne dépositaire de l’autorité judiciaire déclare dans un procès que les personnes LGBT «veulent juste qu’on les laisse tranquilles».

Photo Manifestation de l’organisation FEW devant la cour de justice