Elle se définissait comme une femme blanche juive et laïque, opposée au racisme, de la classe ouvrière, transgenre et lesbienne. Leslie Feinberg est morte ce samedi 15 novembre après avoir souffert de la maladie de Lyme et d’autres infections pendant les dernières décennies. Militante et théoricienne du genre, elle a refusé la nomenclature binaire et choisi des pronoms neutres pour se désigner ou avait recours indifféremment à des pronoms masculins ou féminins. Dans la nécrologie publiée par The Advocate et rédigée par son épouse et ses proches, Leslie Feinberg est désignée au féminin, c’est pourquoi elle l’est également ici.

RESPECT
«Souvenez-vous de moi comme d’une communiste révolutionnaire», furent ses derniers mots recueillis par sa compagne, Minnie Bruce Pratt, avec qui elle fut en couple pendant plus de 22 ans. Avec son ouvrage partiellement autobiographique Stone Butch Blues publié en 1994, Leslie Feinberg a marqué la réflexion sur le genre. Il n’a pas été traduit en français, mais des passages ont été traduits par des militant.e.s, relève l’auteur.e du blog ptilou42 qui a notamment travaillé sur un autre ouvrage de Leslie Feinberg: Transgender Warriors.

«Dans ce livre, Leslie Feinberg désigne les personnes ftm comme des “femmes trans” et les personnes mtf comme des “hommes trans”, souligne la personne à l’origine du blog. Ce livre ayant été écrit dans les années 1990, les conventions grammaticales ont beaucoup évolué depuis, et les personnes sont désormais généralement désignées par le genre qu’elles revendiquent.» «Des gens ont été irrespectueux en utilisant le bon pronom, et d’autres ont fait preuve de respect avec le mauvais, avait déclaré Leslie Feinberg. Ce qui compte, c’est si la personne utilise le pronom de façon intolérante, ou en essayant de faire preuve de respect.» Élevée à Buffalo, dans l’État de New York, Leslie einberg a mis un terme à sa scolarité à 14 ans pour travailler. Elle s’est rapidement éloignée de sa famille biologique qui ne respectait ni son orientation sexuelle ni son identité de genre et «jusqu’à la fin de sa vie, elle a gardé des documents juridiques établissant que ces gens ne constituaient pas sa famille».

Luttant contre l’oppression, aussi bien dans le monde économique que dans le genre, elle s’est illustrée par son combat contre le racisme. La vidéo ci-dessous livre quelques indications sur la teneur de son engagement.

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Elle s’est battue pour la libération de CeCe McDonald, rapporte Autostraddle, et elle a passé les dernières semaines de sa vie à travailler sur une réédition de Stone Butch Blues, publié il y a 20 ans. Cette nouvelle version sera prochainement disponible en ligne et agrémentée d’un diaporama sur LeslieFeinberg.net, en plus d’archives présentes sur son site transgenderwarrior.org. Leslie Feinberg a également écrit Drag King Dreams et Trans Liberation: Beyond Pink or Blue. Une série de prises de parole et de messages vidéo de Leslie Feinberg est également disponible sur YouTube en anglais.

Photo via transgenderwarrior.org