Gérard Larcher, le président du Sénat, était ce matin l’invité de Patrick Cohen sur France Inter. Parmi les sujets abordés, l’éventualité d’une abrogation de la loi Taubira ouvrant le mariage aux couples de même sexe, telle qu’envisagée par Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton. À peine les déclarations de l’ancien président de la République évoquées, Gérard Larcher prend ses distances: «Moi, la loi dite loi Taubira, je ne l’ai pas votée. Je n’ai jamais demandé son abrogation, je suis favorable à une réécriture pour clarifier un certain nombre de sujets qui n’ont pas été traités au moment de la loi Taubira, entre un couple marié homosexuel et un couple hétérosexuel, il faut qu’on réponde à la question de la filiation, à la question de la gestation pour autrui, qui est un sujet majeur, de la procréation médicalement assistée…» «Ce sont deux sujets très différents», interjette Patrick Cohen, mais Gérard Larcher enchaîne: «Et sur l’adoption.»

«Sur la filiation, ça a été écrit dans la loi Taubira, les articles du code civil ont été modifiés», poursuit le journaliste. «Oui, mais ni le sujet PMA, ni le sujet GPA, ni le sujet adoption…», réplique le politique. Patrick Cohen tente un «C’est dans les lois de bioéthique…» Réponse du président du Sénat:

«Non, il faut que nous l’écrivions. Il faut aussi qu’on ait un débat préalable sur qu’est-ce que la famille au XXIe siècle. Et il faut que là-dessus nous soyons ouverts.

«C’est ce que j’ai réclamé au moment de la loi Taubira, c’est ce que je continue à réclamer. L’abrogation créerait en fait des inégalités extrêmement fortes et réouvrirait des tensions dans le pays, et notre pays n’a pas besoin de ces tensions.»

«Un débat préalable», réclame donc Gérard Larcher, comme si nos vies, nos couples, nos familles n’avaient pas assez été débattus. Comme l’écrit Gwen Fauchois sur son blog, «non seulement ils parviennent à imposer qu’on débatte encore et toujours, en dépit des tendances légitimistes lourdes de la population, de la validité d’une loi votée mais qui plus est, ils nous acculent à défendre cette seule avancée, nous empêchant d’en pointer les insuffisances et de développer nos propres revendications.»

 

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