Les candidats à la présidence de l’UMP seront demain, samedi 15 novembre, les invités de Sens commun, mouvement anti-mariage pour tous au sein de l’UMP (celui qui a conduit Virginie Merle-Tellenne à adhérer au parti à l’insu de son plein gré), dont la porte-parole, Madeleine Bazin de Jessey, est cofondatrice des «Veilleurs». «On n’est pas monomaniaques sur le mariage», affirme-t-elle, citée par Libération. Il n’empêche, la question de l’avenir de la loi Taubira si la droite revient au pouvoir sera néanmoins au cœur du meeting de Sens commun.

Des trois hommes qui se soumettront au vote des adhérent.e.s le 29 novembre prochain, seul Hervé Mariton a un positionnement clair sur la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Pour lui, c’est évident, la loi doit être abrogée purement et simplement (lire Hervé Mariton sur le mariage pour tous: «Quand une loi est mauvaise, il faut l’abroger»).

Pour ses adversaires, la prise de position est plus alambiquée. Nicolas Sarkozy refuse un jour de se prononcer tant qu’il ne sera pas élu, histoire de ne pas perdre de voix (lire Abrogation du mariage pour tous: Nicolas Sarkozy ne se prononcera que s’il est élu président de l’UMP), puis se dit favorable à une réécriture (lire Nicolas Sarkozy: «Il faut réécrire la loi Taubira»). Quant à Bruno Le Maire, il dit n’avoir pas l’intention d’abroger la loi (lire Bruno Le Maire promet qu’il n’abrogera pas le mariage pour tous et critique Nicolas Sarkozy) mais en envisage une réécriture afin de l’expurger de tout ce qui touche à la filiation (seule l’adoption a été ouverte aux couples de même sexe mariés, le droit de la filiation non adoptive n’a pas été modifié par la loi Taubira). Il souhaite inscrire dans la loi qu’il n’existe pas de «droit à l’enfant», que les couples homosexuels ne doivent pas avoir accès l’assistance médicale à la procréation (AMP, ou PMA) et que la gestation pour autrui (GPA) doit être prohibée, ce que la loi prévoit déjà.

En effet, comme nous l’écrivions récemment, les trois candidats sont d’accord pour interdire ce qui est déjà interdit. Reste à voir qui sera le plus convaincant aux yeux du tout jeune mouvement qui semble déjà (trop) grand.

Photos Captures (Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, Hervé Mariton)