La nouvelle a été un choc pour la communauté LGBT hongroise qui perd un de ses plus fervents militants. Âgé de 26 ans, Milán Rózsa a mis fin à ses jours vendredi dernier, le 7 novembre, en se jetant sous un train. Bougies et photos ont été déposées devant le bâtiment dans lequel il vivait pour un dernier hommage, tandis que de nombreuses associations à travers toute l’Europe ont fait part de leur tristesse et de leur solidarité via les réseaux sociaux. Milán Rózsa avait notamment pénétré dans l’enceinte de l’ambassade russe en Hongrie pour protester contre les lois homophobes votées par le gouvernement de Vladimir Poutine.

Stuart Milk, neveu d’Harvey Milk, président de la Harvey Milk Foundation et militant pour les droits des LGBT, a lui aussi rendu hommage à cet homme qu’il avait aidé à trouver du soutien aux États-Unis et dont il admirait le courage: «C’est un héros que nous avons tous perdu aujourd’hui. C’est très difficile d’écrire cela. Une des plus belles récompenses lorsque l’on fait du militantisme c’est que l’on devient proche de personnes extraordinaires qui font un travail incroyable dans les endroits les plus durs. Une des pires choses quand on fait cela est que l’on perd tant d’amis formidables.» Les deux militants s’étaient rencontrés à Budapest, lors de la gay pride de 2011, alors que les participant.e.s au cortège étaient menacé.e. par des groupes néo-nazis. Milán Rózsa avait fait face à ces contre-manifestants particulièrement violents. Au lendemain de cette altercation très médiatisée, son père s’était suicidé et le jeune militant en était encore profondément affecté. En 2012, Stuart Milk avait écrit une tribune dans le Huffington Post pour raconter l’histoire de ce militant hongrois exemplaire, dans laquelle il l’avait comparé à Harvey Milk.

L’ancien secrétaire de l’Intergroupe LGBT au Parlement Européen Bruno Selun a lui aussi eu l’occasion de rencontrer Milán Rózsa. Il se souvient d’un jeune homme à la détermination hors du commun: «J’ai pu échanger avec Milán à l’occasion de conférences sur les droits LGBTI en Europe. Ce qui frappait avant tout, c’était son courage et l’absence totale d’hésitation quant à savoir s’il fallait monter au créneau ou pas. Hésiter n’était pas dans ses habitudes, y compris face au danger. J’espère qu’il inspirera de nombreux autres activistes.»

Photo Milk Foundation Eastern Europe