Des responsables du Mouvement de résistance nationale (MRN), le parti au pouvoir en Ouganda, travaillent sur un texte de loi intitulé «Interdiction de la promotion des pratiques sexuelles contre-nature». Si elle était votée, cette loi remplacerait la loi anti-homosexualité jugée inconstitutionnelle en août 2014. Mais à en croire l’avocat spécialiste des droits humains Nicholas Opiyo, qui s’est confié à Buzzfeed, le contenu du texte est bien pire que la loi initiale.

Celle-ci punissait l’homosexualité d’une peine de prison et pénalisait le fait «d’encourager» l’homosexualité. Le texte en préparation interdit de soutenir les droits des personnes LGBT, pénalise le financement des organisations «qui cherchent à promouvoir l’homosexualité» – ce qui pourrait mettre en difficulté les ONG et associations de droits humains – et interdit de représenter «sous quelque forme que ce soit une personne ayant de façon fictive ou réelle des relations sexuelles contre-nature». Toute relation sexuelle pour les personnes trans’ serait formellement interdite, et les relations consenties entre deux personnes de même sexe seraient elles aussi illégales puisque la proposition de loi considère que le consentement ne peut être pris en compte par la justice.

Après l’annulation de la loi, le président Yoweri Museveni avait publié une lettre indiquant que cibler les personnes LGBT pourrait nuire aux performances commerciales de l’Ouganda. Aucun calendrier concernant la présentation du nouveau texte aux parlementaires n’a été avancé.

Photo Andrew Regan