Devant Tim Cook, qui a récemment fait son coming-out, Laverne Cox, Michael Sam, Neil Patrick Harris, Ellen Page et Anna Paquin, Vladimir Poutine a été désigné jeudi 6 novembre personnalité de l’année par le magazine LGBT américain The Advocate. Contrairement aux autres, ce n’est évidemment pas son engagement en faveur de l’égalité des droits qui lui a valu cette distinction, mais «la menace» qu’il représente pour les personnes lesbiennes, gay, bies et trans’.

S’appuyant sur l’église orthodoxe pour légitimer son discours homophobe, le président russe a considérablement durci la vie des personnes LGBT en promulguant la loi visant à punir la «propagande» de l’homosexualité auprès des mineur.e.s. Dans le même temps, les ONG qui opéraient en Russie ont été considérées comme des «agents de l’étranger» susceptibles de corrompre et pervertir les citoyen.ne.s russes. Se présentant auprès de ses concitoyen.ne.s comme le garant d’une Russie forte sur l’échiquier international, Vladimir Poutine cherche à se démarquer des États-Unis et de l’Europe.

Pour redresser le pays, il s’appuie sur les valeurs traditionnelles liées notamment à la famille. Tout ce qui pourrait amoindrir le nombre de naissances doit être «nettoyé», a-t-il déclaré en janvier. Une terminologie qui rappelle des propos tenus par Adolf Hitler, estime The Advocate. Pour l’occasion, le magazine a attribué au président russe un semblant de moustache.

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En 2013, pour la première fois depuis une vingtaine d’années, le taux de natalité a surpassé le taux de mortalité en Russie. Les personnes LGBT constituent des boucs émissaires de premier choix puisqu’elles ne se conforment pas forcément à la politique nataliste mise en place par Vladimir Poutine. «Quand les politicien.ne.s, les célébrités, et des journalistes respectables vous répètent à la télévision comme dans les journaux que les homosexuel.le.s sont des pervers, des sodomites et des pédophiles, on ne peut qu’y croire», a expliqué la chercheuse de Human Rights Watch Tanya Cooper.

Élu pour un mandat de six ans en 2012, Vladimir Poutine aura la possibilité de se présenter une seconde fois en 2018. Si les règles ne changent pas, il pourrait alors assumer la présidence de la Russie jusqu’en 2024. L’an dernier, c’est le pape François qui avait été désigné personnalité de l’année par The Advocate.

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