Deux ans et demi après son arrivée à l’Élysée, le président de la République François Hollande connaît une forte impopularité. L’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, qui constituait son 31e engagement de campagne, a malgré tout été considérée par plusieurs personnes sondées comme «la réforme la plus positivement marquante de la première moitié du quinquennat», a-t-on découvrir dans un sondage Harris réalisé pour LCP.

UNE MESURE PLÉBISCITÉE MAIS PEU DÉFENDUE
Cette mesure arrive avec en tête, avec 35% des voix des sondé.e.s, devant la loi sur le non-cumul des mandats (32%) et la modulation du quotient familial en fonction des revenus (19%). L’association Homosexualités et socialisme (HES) «salue le résultat de ce sondage mais n’en est pas étonnée, indique-t-elle dans un communiqué. L’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels est vécue comme positive parce que c’est une réforme qui engage un projet de société permettant aux individus de s’émanciper et de prendre la responsabilité de leur vie. Elle est vécue comme positive parce qu’elle est l’exact inverse d’une réforme communautariste, elle contribue à élargir le cercle des citoyen.ne.s à part entière.»

L’ouverture du mariage n’est pourtant pas la mesure que le président de la République défend avec le plus de véhémence. Directeur de publication de Yagg, Christophe Martet avait ainsi souligné le «réformisme honteux» de François Hollande dans une tribune. Peut-être parce qu’il redoute la contestation dont il fait l’objet de la part de la «Manif pour tous» et des corollaires de ce mouvement homophobe. Selon un autre sondage réalisé par YouGov pour le Huffington Post, l’ouverture du mariage n’arrive qu’au quatrième rang des «mesures phares» de François Hollande avec 46% des voix des sondé.e.s, derrière la création de la Haute autorité pour la transparence (60%), la retraite à 60 ans (51%),  et la loi Duflot sur le logement (50%). Le mariage des couples de même sexe recueille dans le même sondage 41% d’opinions défavorables.

ET APRÈS?
HES appelle maintenant François Hollande à se tourner vers de nouvelles étapes: la lutte contre les préjugés et les stéréotypes, le changement de sexe à l’état civil sans préalable médical pour les personnes trans’, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes et la transcription de l’état civil des enfants né.e.s grâce à une GPA à l’étranger. «Derrière ces expressions techniques, soulève l’association, nous parlons de la vie de femmes, d’hommes, de leurs enfants, de leurs projets parentaux, nous parlons de la société française d’aujourd’hui et de celle de demain. C’est pourquoi nous, engagé.e.s à gauche, devons poursuivre ce chemin d’émancipation.»

Si le président de la République gouverne en fonction des études d’opinion, il n’est pas certain qu’il accomplira tout de suite sa promesse d’ouvrir la PMA aux couples de femmes. Contestée par 52% des sondé.e.s dans le sondage du Huffington Post, cette mesure n’est attendue que par 29% des personnes interrogées. Compte tenu de ses prises de parole précédentes sur cette question, il semble couru d’avance que s’il est interrogé à ce sujet sur TF1 et RTL ce jeudi 6 novembre, il se contentera de répondre qu’il attend l’avis du Comité consultatif national d’éthique, annoncé pour le printemps 2015.