«Depuis deux ans, nous constatons une libération de la parole homophobe et transphobe, qui légitime souvent des actes plus violents (menaces, harcèlement, agressions physiques). Nous regrettons que ces thèses réactionnaires soient autant relayées, et appelons à ne pas céder face à ces mouvements extrémistes, bruyants mais minoritaires.» Dans un communiqué, SOS homophobie s’inquiète des exigences de la «Manif pour tous Loire Atlantique» qui veut empêcher la diffusion du court-métrage Ce n’est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent dans le cadre scolaire (lire La «Manif pour tous» s’oppose à la diffusion d’un court-métrage sur l’homosexualité à des lycéen.ne.s et Benjamin Parent: «Je suis fier d’être la cible de la “Manif pour tous”»).

«À la rentrée dernière, France de Lantivy envoyait un courrier à tous les chefs d’établissement de Loire-Atlantique, les mettant en garde contre toute utilisation d’outils pédagogiques présentant la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre, en ligne de mire le livre pour enfants Tango a deux papas, mettant en scène une famille homoparentale, et le film Tomboy, traitant du genre, rappelle SOS homophobie. Pour des raisons similaires, la militante anti-genre Farida Belghoul avait lancé en janvier dernier des “Journées de retrait de l’école” pour s’opposer à un programme d’éducation à l’égalité filles-garçons. Plus récemment, la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) attaquait auprès du Conseil d’Etat la Ligne Azur, dispositif destiné aux jeunes qui se questionnent sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Ces derniers jours enfin, des élu.e.s de Versailles proches de la “Manif pour tous” auraient réclamé le contrôle de l’orientation sexuelle des animateurs périscolaires de la ville [en réalité, les propos incriminés n’ont pas été prononcés tels quels, les élu.e.s en question s’inquiétaient de l“infiltration du lobby LGBT” à l’école, comme l’explique notre article Versailles: L’élu accusé d’homophobie exige des excuses, ndlr].»

SOS homophobie, dont l’un des objets est justement d’intervenir dans les écoles, «dénonce la multiplication de ces attaques, qui stigmatisent les personnes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans (LGBT) et nourrissent un peu plus les LGBTphobies, insiste le communiqué. (…) L’École doit être un lieu où est représentée la diversité, des orientations sexuelles et des identités de genre, des familles, des parents, des enfants. C’est à l’adolescence que l’individu se découvre, se construit, dans un monde encore trop souvent normé, et qu’il a le plus besoin de représentations de la diversité. Face à l’inconnu, à ce qu’il ressent comme une différence, il est souvent désemparé, d’autant plus s’il n’ose pas en parler à ses proches, par peur de leurs réactions. L’École doit donner à chacune et à chacun la liberté de vivre sa vie quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre.»

Et de conclure: «L’École doit aussi ouvrir les élèves à la différence, au respect et à la tolérance en les sensibilisant aux refus des discriminations. Agréée par le ministère de l’Education nationale au titre des associations complémentaires de l’enseignement public, SOS homophobie intervient depuis 10 ans en milieu scolaire, à la demande et en présence du personnel éducatif, afin de déconstruire les stéréotypes et les préjugés qui forment le terreau de l’homophobie et de la transphobie. En 2013-2014, nous avons ainsi sensibilisé plus de 17 500 collégien-e-s et lycéen-ne-s, dans 14 académies.»