Le réalisateur du court-métrage Ce n’est pas un film de cow-boys Benjamin Parent se dit «presque amusé» que la «Manif pour tous» s’en prenne aujourd’hui à son court-métrage et veuille en interdire la diffusion auprès de lycéen.ne.s. «Un copain humoriste m’a dit: “Quand on est la cible de certaines personnes, on peut en être fier”. Eh bien moi, je suis fier d’être la cible de la “Manif pour tous”. Ces gens sont insignifiants et ne représentent pas mes valeurs. Je m’attendais à ce qu’on me tombe dessus.»

D’après lui, les attaques contre son court-métrage proviennent de la part de personnes qui ne l’ont même pas vu. Pour couper court aux fantasmes, Benjamin Parent l’a rendu public en ligne.

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«Ce film parle de tendresse et d’amour, ce n’est même pas militant, il est généraliste et adapté pour tout public, assure le réalisateur. La seule chose qui peut choquer, c’est le langage très cru des jeunes, mais on parle comme ça dans les cours d’école. C’est juste l’histoire d’adolescents qui parlent d’un film qui les a touchés et qui discutent de la masculinité, de ce qui fait d’un homme un homme. Forcément, ça va à l’encontre des valeurs d’Éric Zemmour.»

Ce vendredi 31 octobre, le réalisateur a reçu l’assurance que son film reste programmé pour une diffusion auprès des lycéen.ne.s inscrit.e.s même si des mesures ont été prises pour parer à tout débordement éventuel. Mais ce qui l’a marqué, ce sont les raccourcis et les amalgames de la «Manif pour tous» dans le courrier adressé aux chefs d’établissements privés catholiques. En voici un extrait:

courrier lmpt loire atlantique 500

«Dans cette lettre, ils disent que le film a été “primé au festival du film gay et lesbien de Saint-Étienne”, mais ils ne mentionnent pas qu’il a reçu une trentaine d’autres prix, comme le Prix des collégiens au Festival Ciné Essonne ou le Grand prix du court-métrage au Festival international du film de Melbourne, rappelle Benjamin Parent. Leur stratégie consiste aussi à assimiler les lycéen.ne.s à des enfants, alors qu’à leur âge, plusieurs ont déjà eu des relations sexuelles. De toute façon, la sexualité n’apparaît pas dans ce film. C’est le même type d’attaques que ce qu’on a pu voir contre l’exposition “Zizi sexuel”.»

Maintenant que le film est en ligne, Benjamin Parent espère que les éventuelles critiques porteront sur le film et pas sur ce que certain.e.s pensent qu’il contient. Il déplore toutefois que la polémique nuise aux efforts entrepris par les enseignant.e.s «qui essaient juste de faire leur travail».

Photo Antoine de Bary