À la rentrée 2013, la «Manif pour tous» avait incité les parents d’élèves à rejoindre des comités Vigi-gender ou à devenir délégué.e.s pour garder un œil sur les programmes scolaires et veiller à ce que l’égalité entre filles et garçons ne s’immisce dans les salles de classe. Dans la ligne de mire, les ABCD de l’égalité, alors en expérimentation dans plusieurs académies et aujourd’hui abandonnés au profit d’un plan d’actions pour l’égalité entre les filles et les garçons à l’école.

Outre la distribution de tracts devant les grilles des établissements scolaires, ces groupes avaient aussi entre autres fait naître une polémique autour de la diffusion dans les écoles du film Tomboy. Cette année, la mobilisation des anti-égalité n’a pas faibli et ils entendent désormais peser dans la balance à l’approche des élections des représentant.e.s de parents d’élèves qui ont lieu les 10 et 11 octobre prochains. Les représentant.e.s élu.e.s sont amené.e.s à participer à la vie de l’établissement et à donner leur avis sur le projet de l’établissement, le règlement intérieur, ou encore sur l’organisation d’activités complémentaires, éducatives, sportives ou culturelles. Farida Belghoul, à l’origine avec sa «Fédération nationale de parents engagés et courageux» des «journées de retrait de l’école», souhaite aussi rejoindre les sièges des délégué.e.s. Dès lors qu’ils ou elles seraient élu.e.s, des représentant.e.s issus de ces différentes groupes pourraient être en mesure de montrer leur opposition à des spectacles, des lectures ou des projections, ou même à des interventions d’associations telles que SOS homophobie ou le MAG Jeunes LGBT.

Les fédérations de parents d’élèves, qui déjà l’an dernier avaient été attentives à la progression aux abords des écoles de ces groupes en guerre contre l’égalité restent en alerte, et constatent que dans certains secteurs, ils pourraient effectivement trouver un écho favorable auprès de certaines familles: «Des listes pourraient passer dans des écoles et dans quelques collèges où la mixité n’existe pas forcément, où le climat entre parents et enseignants est tendu, explique Bruno Brisebarre, secrétaire départemental de la FCPE-Val-d’Oise, cité par Le Monde. Quoi qu’on leur dise, des familles continuent à craindre la théorie du genre.» Le travail de désinformation par la peur orchestré autour d’une pseudo «théorie du genre» pourrait donc porter ses fruits.

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