Et s’il existait une alternative à Facebook? Créé il y a six mois, le réseau social Ello s’attaque au géant de l’Internet en mettant en avant le fait que les données des utilisateurs/trices de Facebook sont vendues aux annonceurs. Un manifeste présent sur la page d’accueil annonce la couleur: «Nous croyons qu’il y a un meilleur chemin. Nous croyons à l’audace. Nous croyons à la beauté, à la simplicité et à la transparence. Nous croyons que les gens qui créent des choses et que les gens qui les utilisent devraient collaborer. Nous croyons qu’un réseau social peut être un outil pour s’épanouir. Pas un outil pour décevoir, s’imposer et manipuler, mais un endroit pour se connecter, créer et célébrer la vie. Vous n’êtes pas un produit.»

«ELLO ACCUEILLE LA COMMUNAUTÉ LGBTQ»
Un discours séduisant qui parle aux LGBT. On ne peut rejoindre le site qu’en ayant été soi-même invité.e, mais beaucoup auraient déjà sauté le pas pour s’émanciper du grand méchant Facebook. En obligeant des drag-queens à utiliser leur identité civile, le réseau social de Mark Zuckerberg a terni sa propre image, déjà bien écornée dès que l’on évoque les questions de vie privée. L’un des fondateurs d’Ello, Paul Budnitz, a commenté ce que le Daily Dot décrit comme «le début de l’exode massif des LGBT inscrit.e.s sur Facebook»: «Nous n’avons que trop entendu parler de cette polémique Facebook ces derniers jours, a indiqué le concepteur du nouveau réseau social. Ello accueille la communauté LGBTQ et nous nous réjouissons de voir autant de gens nous rejoindre.»

Afin de se démarquer de son grand rival, il insiste: «Pas besoin d’utiliser son “nom réel” pour être sur Ello. Nous encourageons les gens à être qui ils veulent être. Tout ce que nous demandons, c’est que les règles (publiées sur le site), notamment le code de conduite, soient respectées par tout le monde. Nous avons une politique de tolérance zéro pour les propos haineux, la traque sur Internet, les trolls et tout autre comportement négatif, et nous exclurons définitivement et détruirons à tout jamais les comptes d’une personne qui ferait cela.» Et pour souligner son aspect LGBT-friendly auprès de celles et ceux qui en douteraient encore, Paul Budnitz a posté sur son propre fil Ello le gif suivant, indique Autostraddle:

rainbow-ello

 

CONFIDENTIALITÉ
Mais se vouloir LGBT-friendly ne suffit pas à l’être. Le fait que les profils soient intégralement publics – à la façon de Twitter ou de Tumblr – peut faire fuir certaines personnes. Autostraddle a aussi relevé que des utilisateurs/trices se plaignent de ne pas pouvoir bloquer un.e autre utilisateur/trice. «Nous comprenons parfaitement en quoi cela est important et nous avons placé cette fonctionnalité en priorité sur la liste des choses que nous devons faire. Le blocage d’utilisateurs/trices et de nouvelles fonctionnalités de confidentialité seront très prochainement en ligne», a rapidement réagi Paul Bunditz.

Le réseau n’est toutefois pas exempt de zones d’ombre. Facebook gagne de l’argent en vendant les données des personnes inscrit.e.s. Ello se vante d’être sans pub et assure que jamais les données recueillies ne seront vendues. Quel modèle économique alors? «Les fondateurs du site subsistent grâce à une levée de fonds auprès de capitaux risqueurs», a précisé France Culture. On ignore toujours comment les sociétés qui ont placé de l’argent dans ce réseau social espèrent obtenir un retour sur investissement. Paul Budnitz a indiqué réfléchir à un système d’options payantes qui permettraient de bénéficier de fonctionnalités premium, rapporte Le Figaro.

Un tel flou sur le financement d’un réseau qui se veut transparent n’est pas de bon augure, prédit ZDNet. Pour séduire (et garder) les LGBT, Ello devra s’imposer au-delà de l’effet de mode. Et ouvrir ses portes aux LGBT francophones, parce que pour l’instant, Charlotte de Bruges s’ennuie: