René Beaumont, sénateur UMP de Saône-et-Loire, François-Noël Buffet, sénateur UMP du Rhône et Michel Le Scouarnec, sénateur du groupe communiste, ont tous trois posé le même jour une question à la ministre de la Santé concernant l’essai d’allègement de traitement du VIH du Pr Jacques Leibowitch prénommé ICCARRE (pour «Intermittents, en cycles courts, les anti rétroviraux restent efficaces»).

DES CENTAINES DE MILLIONS D’EUROS ÉCONOMISÉS
Cet essai, mené à l’hôpital de Garches (Hauts de Seine) depuis près de dix ans, a permis selon eux de démontrer l’efficacité d’une trithérapie réduite. Pour les sénateurs, non seulement cette nouvelle posologie (les patient.e.s prennent leur traitement quatre jours par semaine, voire moins) est bénéfique pour les malades, mais elle permet de faire des économies. Selon René Beaumont, l’économie pour la sécurité sociale est de 3 millions d’euros sur dix ans à Garches et dans sa question, François-Noël Buffet estime que 250 millions à 500 millions d’euros pourraient être économisés si les pratiques d’allègement étaient généralisées. Les trois sénateurs, dont les questions ont été publiées au Journal Officiel Sénat du 25 septembre, demandent à la ministre quelles mesures elle compte prendre pour rendre plus accessible l’allègement de traitement.

Annoncé pour début 2014, un essai de l’Agence nationale de recherches sur le sida, appelé 4D (pour 4 jours), doit démarrer au 3e trimestre 2014. Son objectif: «Évaluer à 48 semaines, la possibilité de maintenir le succès thérapeutique d’un traitement antirétroviral de quatre jours sur sept chez des personnes infectées par le VIH-1 ayant une charge virale indétectable depuis au moins un an, sans modification du traitement depuis au moins quatre mois». Étant donné la durée de l’essai et le temps prévu pour le recrutement, les premiers résultats ne devraient pas être connus avant fin 2016 au plus tôt. Vous trouverez plus d’informations sur cet essai sur le site d’Act Up-Paris.

C’est bien sûr un enjeu majeur pour les séropositifs/ves que de pouvoir simplifier le traitement (avec les trithérapies anti-VIH en un seul comprimé par jour), voire de l’alléger, car les effets secondaires s’en trouvent réduits et le coût de la trithérapie est fortement diminué. Mais pas sûr que cette piste de l’allègement soit du goût de tout le monde, à commencer par les laboratoires pharmaceutiques. Cela pourrait expliquer pourquoi des essais d’allègement ont tant de difficultés à voir le jour.

Illustration Fabien Guénot