Figurera désormais dans le contrat qui lie le Comité international olympique (CIO) à la ville hôte des Jeux une clause de non-discrimination, a fait savoir le service presse de l’organisation. Une nouveauté par rapport aux derniers Jeux d’hiver à Sotchi, où la Russie a été particulièrement critiquée pour ses lois discriminantes à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bies et trans’. Le CIO a lui aussi essuyé une pluie de critiques pour avoir menacé de sanctionner les athlètes qui feraient des déclarations politiques pendant les épreuves.

«EXPÉRIENCE ACQUISE»
Les nouvelles modalités entreront en vigueur à partir des Jeux de 2022, a indiqué le CIO aux villes candidates dans un courrier rendu public. Voici la clause à laquelle les villes organisatrices doivent désormais se soumettre: «La Ville et le Comité national d’organisation reconnaissent l’importance des Jeux et la valeur de l’image olympique, et s’engagent à ce que toutes les activités soient menées d’une façon qui assure la promotion et la mise en valeur des principes fondamentaux et des valeurs de de l’olympisme, en particulier l’interdiction de toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne en raison de sa race, de sa religion, de ses opinions politiques, de son genre ou pour tout autre motif, ainsi que le développement du mouvement olympique», peut-on désormais lire en préambule du contrat.

Une formulation qui reprend presque mot pour mot le principe n°6 de la Charte olympique, quelque peu bafouée pendant les JO de Sotchi. Dans son courrier, le CIO précise simplement que ces évolutions «sont le résultat de l’expérience acquise lors des éditions passées des Jeux olympiques». Aucune indication n’est toutefois donnée sur la façon dont le CIO compte faire respecter cette avancée et le Chicago Tribune se demande s’il sera réellement possible de déplacer les Jeux en cas de violation de cette clause.

«ENCORE BEAUCOUP À FAIRE»
Le quotidien met également en avant le fait que les JO de Sotchi ont occasionné d’immenses dépenses que les villes candidates sont loin de vouloir égaler. La Norvège, qui avait soumis la candidature d’Oslo, connaît désormais une forte vague d’opposition à ce projet. Si le pays scandinave abandonne, ne resteraient en lice que Beijing en Chine et Almaty au Kazakhstan, qui ne constituent pas des parangons de respect des droits humains.

Les organisations All Out, Athlete Ally et Human Rights Watch qui se sont battues pour faire respecter la liberté d’expression pendant les Jeux olympiques de Sotchi n’ont pas manqué de se réjouir à l’annonce de l’introduction de la clause de non-discrimination. Dans un communiqué, la première souligne qu’il s’agit «d’une étape importante dans la protection des citoyens et des athlètes partout dans le monde et d’un message clair aux prochaines villes-hôtes: les violations des droits humains, dont celles menées à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, ne seront plus tolérées». Par la voix de son directeur exécutif, Hudson Taylor, Athlete Ally se félicite que «cette décision entérine tout le travail mené par les associations et les citoyens partout dans le monde pour défendre l’égalité. Même s’il reste encore beaucoup à faire, cette décision est un grand pas dans la bonne direction.»

Photo Capture