«C’est quoi être un homme?», s’interroge le reportage de Buzzfeed ci-dessous en allant à la rencontre d’un homme trans’, Lauren Hennessy:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur “I’m A Guy”

Lauren: Quand j’étais petit, je m’identifiais beaucoup plus aux garçons. Je me suis toujours senti plus comme un garçon.

Chemda: Moi, c’est Chemda, je vis à New York, c’est ici que j’ai grandi. Je suis animatrice de podcast.

Keith: Je suis Keith Malley, co-animateur de Keith and The Girl, une émission en ligne depuis 9 ans, cinq jours par semaine, et Chemda est la co-animatrice. Elle et moi sortions ensemble avant de faire ce podcast. Puis on a commencé l’émission et on a pris conscience que ce n’était pas génial entre nous. On a rompu et elle a commencé à voir Lauren.

D’un côté, je me suis dit: “D’accord, le fait que ça ne marche pas entre nous n’était pas totalement de ma faute puisqu’elle est avec une femme, donc je n’avais aucune chance.” Et ensuite tu apprends que Lauren est en fait un homme. Et là, je me suis dit qu’elle sait apparemment mieux être un homme que moi.

Lauren: Je suis un mec. Je ne veux pas être un mec. C’est juste que je suis un mec. Je ne voulais pas aimer les filles, mais c’est le cas.»

Keith: Je me souviens de la première fois où Lauren m’a dit qu’elle était transgenre. On ne peut pas s’empêcher de se demander: “Tu ne serais pas un peu perdue? Ce ne serait pas plutôt une envie de traîner avec des mecs?” Les femmes peuvent être tellement chiantes parfois, je le sais très bien.

Lauren (à la radio): Je me demande s’il n’y a pas quelque chose dans mon corps, comme des espèces de gonades ou des restes de quelque chose de masculin ou des mini-testicules nichées dans mes ovaires, ou quelque chose qui me fait avoir ce ressenti et ce lien, je sais pas. Je suis aussi une minorité dans la communauté trans’. Je suis une personne trans’ qui a choisi de ne pas faire de transition en ce qui concerne mon genre dans la société. Et je crois que c’est important. Je ne crois pas qu’on doive faire sa transition.

(Désignant la rue) Voilà mon futur bureau. Je suis un homme qui essaie d’être une actrice à New York. C’est un scénario un peu original. Les gens ne savent pas trop où me mettre en tant qu’artiste ou acteur. On aime mon travail et beaucoup de directeurs/trices de casting me disent: “Je ne sais pas quoi faire de toi”. C’était dur pour moi de postuler pour des rôles de femme tout en étant trans’ sans le savoir parce que j’essayais d’incarner cette image de femme que j’avais dans la tête. J’avais l’impression de me travestir. Et j’avais le sentiment de mettre en scène ce personnage de greluche et de femme et que les gens le ressentaient. Il m’a fallu du temps pour que je me sente à l’aise avec l’idée d’être l’une ou l’autre.

«Découvrir le mot “transgenre” m’a libéré parce que je sais désormais que je ne suis pas un malade mental.»

Chemda: Peu de gens sont au courant des questions trans’. Lauren et moi avons appris ce que c’est qu’être trans’ il y a juste cinq ans et on parle d’une personne qui est trans’.

Keith: Moi aussi, j’apprends des choses là-dessus, sur ce que ça signifie et on en parle ouvertement dans l’émission.

«Est-ce qu’une partie du public s’en offusque et se plaint? Oui, mais je m’en fiche. J’avais peut-être entendu le mot sans être sûr de connaître personnellement quelqu’un. J’en parle avec elle, vous savez. Je le fais et je le fais depuis un bout de temps. Je suis censé dire “lui”, d’ailleurs.

Lauren: Bien entendu que ça fait du bien quand les gens utilisent le pronom masculin parce que c’est comme ça que je m’identifie. Et je sais qu’ils essaient, même s’il leur arrive de faire du “elle/lui” ou du “lui/elle”. Ça me fait plaisir à chaque fois.

Keith: Elle… Il est authentique.

Lauren: On nous apprend que le sexe et le genre, c’est la même chose, mais ce n’est pas le cas.

Chemda: Ce n’est pas vraiment une relation lesbienne. Je n’ai pas l’impression d’être lesbienne et je ne sais pas ce que l’on est censée ressentir quand on est lesbienne. Et je ne me sens pas hétéro, je ne me sens pas lesbienne, je ne me sens pas bisexuelle. Je ne sais pas quelles sont ou quelles ont été les règles de l’attirance, mais elles sont là et je suis très heureuse de vivre cette relation.

Lauren et Chemda envisagent de se marier en février à Hawaï. Le comédien prépare un spectacle sur l’identité et les étiquettes.