[mise à jour, 18h] Ajout des réactions de la mairie de Paris

Menacé de fermer car les locaux qu’il occupe actuellement ont été vendus, le 190 bénéficie du soutien de plusieurs organisations qui appellent la mairie de Paris à réagir.

RESPONSABILITÉ DE LA MAIRIE
«Il appartient à madame la maire de Paris, Anne Hidalgo, de trouver une solution en termes de locaux pour héberger le 190, écrit ainsi l’association de santé communautaire Warning dans un communiqué. Warning ne peut pas croire que la mairie ne puisse pas proposer rapidement une solution étant donné que le 190 occupe une superficie relativement modeste, de la taille d’un dispensaire de santé. Anne Hidalgo s’était engagée lors de sa campagne électorale auprès des Parisiens à mener une véritable lutte contre le sida et à changer la situation de Paris en matière d’immobilier; il y a là l’occasion de passer aux actes.»

Par la voix de son porte-parole chargé des questions de santé François Berdougo, l’Inter-LGBT remet en cause «le soutien de la mairie de Paris et du conseil régional, [qui] fut, jusqu’à présent, irrégulier et très inférieur aux besoins. Le 190 est ainsi confronté à une difficulté structurelle de financements, qui met en aujourd’hui en cause la poursuite de ses activités à court terme.» Les problèmes que rencontre aujourd’hui le centre «sont symptomatiques de l’absence de volonté des pouvoirs publics de consacrer les moyens nécessaires au développement d’une offre de santé globale à destination des gays, des lesbiennes, des bisexuel.le.s et des personnes trans’», juge François Berdougo.

«C’est une situation préoccupante, reconnaît la mairie de Paris, mais on a toujours été aux côtés du 190 et on fera en sorte que l’activité se maintienne car nous reconnaissons la qualité de leur travail. Concernant les subventions, il manquait des pièces justificatives qui nous ont finalement été transmises. Le dossier va maintenant pouvoir avancer. Quant aux locaux, nous demandons au propriétaire de leur emplacement actuel de les laisser rester jusqu’à ce que le nouveau local, qui doit être mis aux normes, puisse les accueillir.»

«UNE PRIORITÉ»
«La ministre de la Santé, les maires des grandes agglomérations et les présidents de conseils régionaux doivent maintenant s’engager pour que se mette en place concrètement un réseau de centres de santé sexuelle, interpelle Warning. Et ceci commence par la survie du 190.» L’Inter-LGBT exhorte également les Agences régionales de santé, «la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés et tout.e autre partenaire potentiel.e, à apporter leur concours à la poursuite des activités du centre de santé Le 190, en matière de financement et de locaux». L’organisation souligne que la prise en compte des besoins de la population LGBT constitue «une priorité affichée par le Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST du ministère de la Santé».

«De nombreuses personnes LGBT, en particulier des personnes séropositives, ont pris l’habitude de venir se faire dépister et se faire soigner au 190 parce qu’elles savent qu’elles disposent d’un personnel formé, efficace et non-jugeant», fait valoir Warning. «Le 190 ne doit pas fermer, c’est au contraire une myriade de centres de santé sexuelle qui doivent ouvrir et nous demandons que leur financement soit inscrit au PLFSS dès 2015», affirmait Aides dès le 19 septembre. «Ce sont, en fait, 10 dispositifs de ce type qui devraient ouvrir, pour répondre aux besoins des gays, des lesbiennes, des bisexuel.le.s et des personnes trans’, et plusieurs dizaines en France!», s’indigne aussi l’Inter-LGBT. D’ici à ce que les appels de ces associations soient entendus, il reste possible à chacun.e d’effectuer un don en ligne pour aider le 190.

Photo Cédric Bonhomme